Une équipe de chercheurs allemands a franchi une étape importante dans le domaine du stockage d’énergie en développant un prototype performant de batterie sodium-ion. L’innovation majeure réside dans l’utilisation d’un carbone dur dérivé de la lignine, un coproduit abondant de l’industrie du bois, pour constituer l’électrode négative. Cette avancée technologique promet de réduire la dépendance aux matières premières critiques comme le lithium et le cobalt, tout en ouvrant la voie à des solutions de stockage plus écologiques et économiques.
La lignine est un polymère organique complexe qui constitue l’un des principaux composants du bois, aux côtés de la cellulose. Jusqu’à présent, elle était principalement considérée comme un déchet ou un sous-produit de l’industrie papetière et de la production de biocarburants de seconde génération. Les chercheurs de l’Institut Fraunhofer pour les technologies céramiques et les systèmes (IKTS) et de l’université Friedrich-Schiller de Iéna ont su valoriser ce matériau biosourcé.
Après un traitement thermique sous atmosphère inerte, la lignine se transforme en un carbone dur. Cette structure carbonée possède des propriétés idéales pour les batteries sodium-ion : une bonne conductivité électrique et des groupes fonctionnels « redox » actifs qui permettent de stocker et de libérer de manière réversible les ions sodium.
Les scientifiques ont assemblé des cellules de batterie d’une capacité de 1 ampère-heure (Ah) en utilisant cette électrode négative innovante. Les tests rigoureux, menés sur les sites de Fraunhofer IKTS et de l’université de Iéna, ont donné des résultats très encourageants.
Le prototype a subi avec succès 100 cycles complets de charge et de décharge sans montrer de dégradation significative de ses performances. « L’objectif est de démontrer 200 cycles pour la cellule complète de 1 Ah d’ici la fin du projet », explique Lukas Medenbach, coordinateur des travaux. Cette stabilité est un paramètre clé pour envisager une commercialisation future.
Cette technologie présente plusieurs atouts majeurs par rapport aux batteries lithium-ion conventionnelles :
Selon les chercheurs, cette technologie est principalement destinée au stockage stationnaire d’énergie (pour les énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien) et à certaines applications mobiles, contribuant ainsi à la transition énergétique.
Ce projet de recherche bénéficie d’un solide soutien industriel, via un comité consultatif regroupant des entreprises spécialisées. Parmi elles, on trouve Mercer Rosenthal GmbH, qui fournit la lignine, ainsi que des sociétés comme Glatt Ingenieurtechnik, IBU-tec et EAS Batteries. Ce partenariat entre la recherche publique et le secteur privé est essentiel pour accélérer le transfert de cette technologie du laboratoire vers le marché.
Comme le souligne le Fraunhofer IKTS, l’ambition est de « renforcer l’indépendance vis-à-vis des matières premières critiques, tout en favorisant la transition vers des batteries moins coûteuses, plus durables et plus sûres ». Cette innovation s’inscrit pleinement dans la stratégie européenne visant à bâtir une filière batterie compétitive et souveraine.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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