Lors d’une récente intervention sur BFM Business, Xavier Barbaro, le PDG du producteur d’énergies renouvelables Neoen, a appelé à recentrer le débat sur la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) autour des réalités économiques et techniques. Alors que le texte, publié par décret, a provoqué des remous politiques à l’Assemblée nationale, le dirigeant plaide pour dépasser les clivages et adopter une vision stratégique et offensive pour le solaire français.
Xavier Barbaro reconnaît que l’énergie est un sujet passionnant et passionné, mais déplore le manque de pédagogie et de débat technique approfondi dans le tumulte politique actuel. Il rappelle un atout majeur de la France : sa capacité à exporter environ 15% de sa production électrique, contribuant ainsi positivement à sa balance commerciale. « On ne dimensionne pas Airbus en fonction des seuls besoins français », a-t-il illustré, défendant l’idée que l’électricité doit être considérée comme une force d’exportation stratégique.
Concernant la PPE3, il note un déséquilibre dans les annonces. Alors que les objectifs pour le nucléaire, avec la confirmation de nouveaux réacteurs EPR, sont précis, ceux pour le solaire restent flous, énoncés dans une large fourchette. Pour le dirigeant, cette approche minimise le potentiel du solaire, qui constitue pourtant le levier le plus rapide et le plus compétitif pour répondre à l’accélération de l’électrification, que ce soit dans l’industrie, les transports ou pour alimenter les data centers.
Face aux critiques récurrentes sur l’intermittence et le coût des énergies renouvelables, Xavier Barbaro apporte un contre-argument économique. Il affirme que le solaire et l’éolien ne sont plus subventionnés comme par le passé et sont désormais les sources de production d’électricité les moins chères. À l’inverse, il souligne le coût colossal du nouveau nucléaire, en citant l’exemple du projet britannique Hinkley Point C, évalué à plus de 50 milliards d’euros.
« Construire un réacteur prend quinze à vingt ans. Le solaire peut répondre immédiatement à la demande », insiste-t-il. Selon son analyse, la hausse future des prix de l’électricité sera davantage liée au coût de construction des nouvelles centrales nucléaires qu’au déploiement des renouvelables.
Xavier Barbaro met un accent particulier sur la question du stockage, un point qu’il estime trop peu traité dans la PPE3. Neoen a investi plus de 3 milliards d’euros dans des projets de batteries ces dernières années. L’exemple australien est, selon lui, probant : le couplage solaire-stockage a permis à certains états d’atteindre 50% d’électricité renouvelable tout en garantissant la stabilité du réseau et en maîtrisant les coûts. Les batteries sont essentielles pour absorber les surplus de production et lisser l’injection sur le réseau, transformant ainsi l’intermittence en une force pilotable.
Le message final de Xavier Barbaro est un appel à l’action et à la confiance dans les investisseurs. « Il faut laisser investir », conclut-il. Il voit dans la vague d’électrification et l’explosion de la demande des data centers une opportunité historique plutôt qu’une contrainte. En adoptant une vision offensive sur le solaire et le stockage, la France pourrait, selon lui, faire des énergies renouvelables un véritable moteur de croissance économique et de réindustrialisation dans la décennie à venir, tout en renforçant sa souveraineté énergétique.
Pour en savoir plus sur les objectifs de la politique énergétique française, vous pouvez consulter le site du Ministère de la Transition Écologique.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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