Le Maroc accélère sa transition énergétique avec un programme ambitieux dédié aux entreprises. Lancé officiellement en février 2024, le projet Solar Rooftop 500 (SR500) vise à équiper les toits des industries et du secteur tertiaire avec 500 mégawatts-crête (MWc) de panneaux solaires photovoltaïques d’ici l’horizon 2030. Cette initiative concrète, issue de la coopération internationale, marque une étape clé dans la décarbonation de l’économie marocaine et l’accès à une énergie compétitive.

Un projet pionnier issu de la coopération climatique Maroc-Suisse

Solar Rooftop 500 n’est pas un programme ordinaire. Il est le premier projet opérationnel au Maroc autorisé dans le cadre de l’Article 6.2 de l’Accord de Paris. Ce mécanisme, élaboré lors des négociations climatiques de l’ONU, permet à deux pays de coopérer pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Concrètement, la Suisse et le Maroc collaborent via un transfert de crédits carbone internationaux (ITMOs), dans un cadre rigoureux garantissant l’intégrité environnementale et évitant toute double comptabilisation des réductions d’émissions. Ce projet illustre comment les engagements internationaux, pris lors de forums comme la COP27, se traduisent par des actions sur le terrain.

Comment fonctionne le programme SR500 ?

Le programme cible spécifiquement les entreprises marocaines pour des installations d’autoconsommation solaire. Son cahier des charges est précis :

  • Puissance : Les projets éligibles doivent avoir une puissance maximale de 3 MWc par site.
  • Nouveauté : Seules les nouvelles installations photovoltaïques sont acceptées.
  • Financement : Les projets ne doivent bénéficier d’aucune subvention publique marocaine.
  • Vente de surplus : L’électricité excédentaire ne peut pas être vendue, favorisant une logique d’optimisation de la consommation sur site.

Les entreprises peuvent choisir d’installer des systèmes avec ou sans batterie de stockage, en fonction de leurs besoins en flexibilité énergétique.

Le moteur financier : la valorisation des crédits carbone

L’innovation majeure de SR500 réside dans son modèle économique, qui repose sur la monétisation des réductions d’émissions de CO₂. Un processus strict de Mesure, Rapport et Vérification (MRV) est mis en place pour quantifier avec précision les émissions évitées grâce à l’énergie solaire produite. Après validation par un vérificateur indépendant, ces réductions sont converties en crédits carbone.

L’incitation financière pour l’entreprise est directe :

  • 60% du montant estimé des crédits carbone est versé après l’installation des panneaux, aidant au financement du projet.
  • Les 40% restants sont payés annuellement, sur la base des performances réelles de l’installation, créant un revenu récurrent.

Quels impacts pour le Maroc et ses entreprises ?

Le déploiement de 500 MWc en toiture représente une capacité significative, comparable à celle d’une grande centrale solaire au sol. Les bénéfices sont multiples :

  • Pour les entreprises : Réduction de la facture électrique, sécurisation de l’approvisionnement en énergie, amélioration de la compétitivité et contribution à leur stratégie RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises).
  • Pour le réseau national : Une production d’électricité décentralisée qui réduit la pression sur le réseau et limite les pertes en ligne.
  • Pour la transition énergétique : Une contribution directe aux objectifs nationaux de mix énergétique, qui visent à porter la part des énergies renouvelables à plus de 52% d’ici 2030, comme le détaille la stratégie énergétique du Ministère de l’Énergie, des Mines et de l’Environnement.

Piloté par Africa Climate Solutions en partenariat avec le Cluster Énergies Renouvelables (Cluster ENR), SR500 est un catalyseur qui pourrait inspirer d’autres projets similaires sur le continent africain, en montrant la voie d’une coopération climatique fructueuse et opérationnelle.

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