La publication tant attendue de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) n’a pas apaisé les craintes du secteur. Après une mobilisation historique le 10 février qui a rassemblé près d’un millier de salariés à Paris et Montpellier, la première en quinze ans, la filière des énergies renouvelables (EnR) accueille avec inquiétude ce cadre stratégique, jugé insuffisant pour garantir la pérennité des emplois.
Publié avec plus de deux ans de retard au Journal Officiel le 13 février, le décret de la PPE fixe la trajectoire énergétique de la France. Comme redouté par les professionnels, les volumes d’installation prévus pour les énergies renouvelables (éolien, solaire) ont été une nouvelle fois révisés à la baisse. Cette planification, selon les représentants des salariés, ne permet pas d’assurer un carnet de commandes stable et condamne la filière à une grande fragilité économique et sociale.
« Aucune entreprise, aucun secteur, n’est capable d’assumer une baisse soudaine et brutale de ses commandes. Cette planification à elle seule ne saurait garantir ni le niveau d’emploi actuel ni la croissance d’une filière d’avenir pour la France », peut-on lire dans le communiqué des organisations syndicales.
La vigilance des salariés est maximale. Ils pointent du doigt les annonces de plans sociaux, les réductions d’effectifs et le départ d’acteurs historiques du marché français comme autant de signaux d’alarme. Pour eux, cette trajectoire au rabais menace directement les compétences et le tissu industriel national.
Le secteur regrette également le manque de vision à long terme. Alors que les projets énergétiques s’inscrivent sur 5 à 10 ans, la PPE est un outil de pilotage triennal, ce qui crée une incertitude préjudiciable aux investissements. Les salariés appellent à « reprendre collectivement le contrôle de notre production électrique au nom de l’intérêt général » pour se prémunir contre les dérives spéculatives et défendre la souveraineté énergétique du pays.
Conscients que la valeur de cette PPE pourrait être remise en cause lors des futurs débats présidentiels, les salariés en appellent aux forces politiques. Ils demandent que le soutien exprimé lors de la mobilisation du 10 février se traduise concrètement dans les programmes et les actes pour préserver les emplois et poursuivre les recrutements.
Ils regrettent par ailleurs l’absence de soutien public de la part des organes représentatifs de la filière professionnelle, estimant que les enjeux économiques ne doivent pas primer sur la défense des emplois.
Face à ces incertitudes, la structuration de la filière passe par la recherche d’un cadre collectif commun. La proposition d’une convention de secteur émerge comme une piste pour l’avenir. L’objectif est de mutualiser les garanties sociales pour mieux résister aux chocs économiques annoncés et renforcer la capacité collective à orienter l’avenir du secteur.
« Mutualiser nos garanties permet de faire face aux chocs sociaux annoncés, plutôt que de les subir isolément. C’est aussi une première étape pour mettre en commun nos compétences », conclut le communiqué. Cette démarche est présentée comme essentielle pour atteindre les objectifs français de neutralité carbone d’ici 2050 tout en protégeant les travailleurs.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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