La publication tant attendue de la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) par le gouvernement, le vendredi 13 février, marque une étape cruciale pour la transition énergétique française. Ce document cadre définit les priorités et les objectifs de la France en matière d’énergie pour les prochaines années. Si le syndicat des professionnels de l’énergie solaire, Enerplan, salue cette publication, il exprime également une déception quant aux volumes annoncés pour le développement du photovoltaïque.
La PPE3 acte un objectif de développement pour le solaire photovoltaïque. Cependant, ce dernier est en retrait par rapport aux ambitions initiales évoquées lors des phases de concertation, qui tablaient sur 54 GW de capacités installées d’ici à 2030. Le syndicat Enerplan note ce recul, tout en reconnaissant que le nouveau cadre lève une partie de l’incertitude qui pesait sur la filière.
Le texte prévoit un plafond d’appels d’offres de 2,9 gigawatts (GW) par an pour la période 2026-2028. Ce rythme, aligné sur celui de la PPE précédente (PPE2), permettrait, selon les projections, une programmation annuelle globale d’environ 3,6 GWc (gigawatts-crête). Cette programmation se composerait des 2,9 GWc issus des appels d’offres, complétés par environ 0,7 GWc soutenus via des dispositifs en guichet ouvert.
Daniel Bour, président d’Enerplan, présent lors de l’annonce aux côtés du Premier ministre, a exprimé un sentiment partagé. « Enfin, la PPE3 est publiée et c’est une excellente nouvelle. J’espère que cela signifie la fin des débats stériles sur l’énergie », a-t-il déclaré. Il a toutefois ajouté : « Je suis déçu par le volume qui ne correspond pas à nos attentes, en régression par rapport aux volumes prévus au démarrage des discussions. »
Malgré cette baisse d’objectif, la filière dispose désormais d’une visibilité essentielle pour planifier ses investissements et son développement industriel. Enerplan salue notamment l’engagement du gouvernement à publier rapidement les cahiers des charges des futurs appels d’offres, dont les détails devaient être confirmés la semaine suivant l’annonce.
La PPE3 ne se limite pas à la production d’électricité solaire. Elle confirme également le Plan national d’actions pour la chaleur solaire, visant une production de 10 térawattheures (TWh) à l’horizon 2035. Cette orientation est jugée positive pour le développement d’une énergie solaire thermique compétitive.
Le syndicat souligne par ailleurs que la souveraineté énergétique de la France passe par la reconstitution de filières industrielles solaires sur le territoire national. Des objectifs clairs et des mesures d’accompagnement rapides sont, selon Enerplan, indispensables pour concrétiser ce renouveau industriel et réduire la dépendance aux importations.
Pour Daniel Bour, la publication de la PPE3 n’est qu’une première étape. « Il nous faut maintenant travailler rapidement pour assurer une insertion optimale sur le réseau des nouvelles capacités », a-t-il insisté. L’adaptation et le renforcement des réseaux de distribution et de transport d’électricité sont en effet un prérequis au déploiement massif des énergies renouvelables.
Le président d’Enerplan identifie un second chantier prioritaire : « améliorer le prix capté par le solaire grâce au développement du stockage, qu’il soit colocalisé ou non. Ce chantier est primordial pour améliorer la compétitivité du solaire. » Le couplage entre production solaire et solutions de stockage est considéré comme une clé pour optimiser la valeur de l’électricité produite et assurer sa meilleure intégration au marché. Pour en savoir plus sur les politiques énergétiques en Europe, vous pouvez consulter les informations de la Commission européenne.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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