Le décret officialisant la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 2025-2035) a été publié au Journal Officiel le 13 février. Ce document stratégique, attendu depuis près de trois ans, définit la feuille de route énergétique de la France pour la prochaine décennie. Pour les acteurs de la transition, comme la plateforme de financement participatif Enerfip, cette nouvelle PPE présente un double visage. Si elle offre une visibilité minimale à court terme, elle est également perçue comme un recul significatif des ambitions nationales en matière d’énergies renouvelables, notamment pour le solaire.
La PPE 3 fixe un objectif de 48 gigawatts-crête (GWc) de puissance solaire installée d’ici à 2030, contre environ 30 GWc aujourd’hui. Cet objectif implique un rythme annuel moyen de déploiement d’environ 3,5 GWc. Ce chiffre entre en contradiction avec la dynamique réelle du secteur, qui a vu près de 5 GWc raccordés en 2024 et environ 6 GWc en 2025. La trajectoire gouvernementale acte donc une diminution du rythme de développement, alors que la filière a démontré sa capacité à accélérer et que les scénarios du Réseau de Transport d’Électricité (RTE) préconisent une accélération pour atteindre la neutralité carbone.
Pour la première fois, une PPE intègre une clause de revoyure prévue pour 2027, une date qui coïncide avec le prochain cycle présidentiel. Cette disposition introduit une incertitude majeure pour les investisseurs et les développeurs de projets. La possibilité d’une révision complète du cadre énergétique dans un délai aussi court fragilise la visibilité à moyen terme, pourtant indispensable pour planifier les investissements industriels et financiers de long terme nécessaires à la transition.
La PPE affiche un objectif de production d’électricité décarbonée compris entre 650 et 693 térawattheures (TWh) en 2035, soit une augmentation de plus de 40% par rapport au niveau actuel. Pour y parvenir, le gouvernement mise sur la construction de six nouveaux réacteurs EPR2. Cependant, selon les calendriers les plus optimistes, ces réacteurs ne seraient pas mis en service avant 2042, et leurs coûts ainsi que leurs modalités de financement restent à préciser. Ce décalage temporel et ces incertitudes interrogent sur la stratégie pour combler l’écart de production sans un déploiement plus massif et plus rapide des énergies renouvelables.
Dans ce contexte réglementaire fluctuant, le financement participatif apparaît comme un outil crucial de résilience pour la filière des énergies renouvelables. En permettant aux citoyens d’investir directement dans des projets locaux, via des plateformes régulées comme Enerfip, ce modèle maintient une dynamique d’investissement et accélère la concrétisation de projets, indépendamment des cycles politiques. Il renforce également l’acceptabilité locale et l’appropriation citoyenne de la transition énergétique, comme le soulignent les travaux de l’Agence de la Transition Écologique (ADEME).
« Cette PPE3 a le mérite d’éviter un effondrement brutal du secteur en donnant un minimum de cap à court terme. Mais elle traduit aussi une perte d’ambition préoccupante, notamment sur le solaire », analyse Julien Hostache, président et cofondateur d’Enerfip. « La France a besoin d’un cap clair, stable et cohérent pour réussir sa transition énergétique. Or, avec une clause de revoyure dès 2027 et des hypothèses industrielles encore incertaines, cette PPE ressemble davantage à un compromis politique visant à satisfaire, qu’à une véritable boussole énergétique. »
En conclusion, la publication de la PPE 2025-2035 met fin à une longue période d’attente et fournit un cadre légal. Toutefois, ses objectifs jugés en deçà du potentiel des renouvelables, couplés à l’instabilité induite par la clause de 2027, laissent planer des doutes sur la capacité de la France à tenir ses engagements climatiques et à sécuriser son approvisionnement énergétique futur de manière optimale.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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