Une étude scientifique de deux ans menée au Brésil apporte des données concrètes sur le potentiel des panneaux solaires de seconde vie. Les résultats montrent que des modules photovoltaïques polycristallins âgés de 23 ans peuvent conserver jusqu’à 88% de leur puissance nominale d’origine, ouvrant la voie à une valorisation dans le cadre d’une économie circulaire. Cependant, des barrières économiques persistent pour structurer un marché viable de la réutilisation.
Les chercheurs du Laboratoire Photovoltaïque de l’Université Fédérale de Santa Catarina (UFSC) ont publié leurs travaux dans la revue Solar Energy Advances. Ils ont testé rigoureusement 76 modules récupérés après plus de 22 ans de service sur l’île de Ratones. Après inspection, 68% des modules ont été jugés aptes à une seconde vie. L’objectif était d’évaluer leurs performances réelles et leur taux de dégradation dans des conditions d’exploitation nouvelles.
L’expérimentation a combiné plusieurs approches pour garantir la fiabilité des données :
Les données recueillies entre 2023 et 2025 sont éloquentes :
Le professeur Ricardo Rüther, auteur principal de l’étude, résume : « Cette étude fournit des preuves complètes des performances, de la fiabilité et du comportement de dégradation des modules photovoltaïques de seconde vie. Elle démontre que, malgré leur vieillissement, une part significative des modules démantelés peut encore fonctionner efficacement. »
Malgré ces excellents résultats, l’étude souligne un obstacle majeur au développement d’un marché de la réutilisation : l’économie. Ricardo Rüther l’explique clairement : les prix des modules neufs, notamment ceux à haut rendement comme les technologies monocristallins de type PERC, ne cessent de baisser. Pour être compétitifs, les modules de seconde vie devraient être vendus à moins de 50% du prix du neuf, tout en offrant des garanties courtes et peu claires.
Le volume de panneaux arrivant en fin de première vie va pourtant exploser dans la prochaine décennie, créant un enjeu environnemental considérable. La réutilisation apparaît donc comme une solution d’écoconception et de gestion des déchets pertinente, mais qui nécessitera des incitations politiques ou réglementaires pour devenir économiquement viable.
Pour que la filière de seconde vie se structure, plusieurs leviers pourraient être actionnés :

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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