Ce mardi, plusieurs centaines de salariés du secteur des énergies renouvelables se sont rassemblés à Paris, près de l’Assemblée nationale, et à Montpellier. Cette mobilisation, organisée par les comités sociaux et économiques (CSE) de plusieurs entreprises leaders du secteur, vise à alerter sur les menaces pesant sur l’emploi et à réclamer une visibilité politique claire pour la transition énergétique française.
Les manifestants dénoncent « l’irresponsabilité » et « l’absence de cap » en matière de politique énergétique. Simon Billaud-Curvale, porte-parole des organisateurs et chargé des relations publiques chez Valorem, a résumé l’inquiétude générale : « On a besoin de regagner de la visibilité. Nos emplois sont menacés ». Cette mobilisation intervient à un moment crucial, alors que le gouvernement s’apprête à publier par décret la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE).
Ce document stratégique, qui définit les objectifs de production énergétique par filière (nucléaire, éolien, solaire, hydrogène, etc.) pour la décennie à venir, est essentiel pour les industriels. Il conditionne leurs décisions d’investissement et, par conséquent, l’évolution de l’emploi dans le secteur. Ses multiples reports, dus aux débats sur la place respective du nucléaire et des renouvelables, ont créé une incertitude préjudiciable.
La PPE est attendue avec impatience. Vendredi dernier, une rencontre entre les représentants de la filière et le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a apporté un premier élément de réassurance : le gouvernement a exclu un moratoire sur les énergies renouvelables. « C’est une excellente nouvelle », a commenté Simon Billaud-Curvale.
Cependant, l’absence du contenu précis du décret maintient la pression. Les slogans brandis lors du rassemblement parisien, comme « On veut une PPE, pas de PSE » (Plan de Sauvegarde de l’Emploi) ou « Plus d’éolien et de solaire ? For sure », en référence à une déclaration d’Emmanuel Macron, illustrent cette attente d’engagements fermes et d’un calendrier lisible pour soutenir la croissance du solaire et de l’éolien.
La manifestation n’était pas limitée à la capitale. Un rassemblement simultané a réuni environ 200 personnes devant la préfecture de Montpellier, démontrant que l’inquiétude est partagée à l’échelle nationale. Les entreprises à l’initiative de ce mouvement (parmi lesquelles APEX Energies, Akuo, Abo Energy, EDF Power Solutions, EDPR France, ENOE) représentent un pan significatif de l’industrie française des renouvelables.
Cette mobilisation souligne un paradoxe : alors que la France et l’Europe affichent des ambitions renforcées en matière de décarbonation et de souveraineté énergétique, les acteurs sur le terrain manquent de signaux stables pour concrétiser ces objectifs. La publication de la PPE sera donc un test clé pour la crédibilité de la stratégie énergétique française et pour la confiance des investisseurs. Pour en savoir plus sur les enjeux de la transition énergétique en Europe, vous pouvez consulter les analyses de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE).

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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