Une semaine avant sa nomination officielle comme ministre déléguée chargée de l’Énergie, Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement et ingénieure nucléaire de formation, exposait déjà les grands axes de sa politique. Invitée des « 4 Vérités » sur France 2, elle a défendu une vision énergétique « non dogmatique », articulée autour d’un double pilier : le nucléaire et les énergies renouvelables. Cette approche pragmatique vise un objectif central : accélérer l’indépendance énergétique de la France face à la dépendance aux fossiles.
Face aux interrogations sur l’orientation du gouvernement, Maud Brégeon a clairement rejeté l’idée d’une opposition entre les filières. « On s’appuie tant sur les énergies renouvelables que sur l’énergie nucléaire », a-t-elle affirmé. Cette position se justifie par un constat économique et stratégique alarmant : aujourd’hui, près de 60 % de l’énergie consommée en France provient encore du gaz et du pétrole importés, générant une facture d’environ 60 milliards d’euros par an. Pour la future ministre, « l’urgence, c’est l’indépendance, et l’indépendance, c’est l’énergie ». Le développement d’une électricité décarbonée produite sur le territoire national est donc perçu comme la clé pour maîtriser les coûts et renforcer la souveraineté.
Cette vision s’inscrit dans la lignée des objectifs nationaux et européens de décarbonation. Pour en savoir plus sur les enjeux de la transition énergétique en Europe, vous pouvez consulter les rapports de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE).
Contrairement à certaines critiques évoquant un ralentissement, Maud Brégeon a assuré qu’il y aurait « de nouvelles capacités » dans toutes les filières renouvelables. Solaire, éolien terrestre et éolien en mer sont concernés. Elle a précisé que la priorité pour l’éolien terrestre serait donnée au renouvellement des parcs les plus anciens, certains datant du début des années 2000, tout en autorisant de nouvelles installations.
Le débat, selon elle, ne doit pas se focaliser sur le nombre d’installations, mais sur la puissance installée. Celle-ci est appelée à augmenter significativement, tout comme la part du photovoltaïque et de l’éolien offshore. Cette accélération est encadrée par une loi récemment adoptée pour faciliter le déploiement des capacités renouvelables, tandis qu’une autre loi vise à accélérer la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR 2.
« Nous ne sommes pas dogmatiques », a martelé Maud Brégeon. L’objectif affiché est technique et concret : atteindre 60 % d’énergie décarbonée dans le mix énergétique français d’ici 2030 et sortir progressivement des énergies fossiles. Cette trajectoire nécessite de mobiliser tous les leviers disponibles sans a priori. Face aux critiques venant de différents bords politiques, la ministre a défendu ce pragmatisme : « Nous n’avons pas le luxe de choisir entre les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire » si l’on veut réduire la dépendance au gaz russe, algérien ou au GNL américain.
Pour comprendre le rôle du nucléaire dans un mix bas-carbone, les publications de la Société Française d’Énergie Nucléaire (SFEN) apportent des éclairages techniques.
La nomination de Maud Brégeon au ministère de l’Énergie apparaît ainsi comme la continuité logique de la ligne qu’elle défendait publiquement. Son profil d’ingénieure nucléaire et son expérience de porte-parole du gouvernement la placent au carrefour des enjeux techniques et de communication. Sa mission sera de concrétiser cet équilibre revendiqué entre ambition nucléaire et accélération des renouvelables, une feuille de route essentielle pour la souveraineté et la résilience énergétique de la France dans un contexte géopolitique tendu.
Les défis de la planification et du financement de cette transition sont considérables. Des organismes comme RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, joueront un rôle crucial dans l’intégration de ces nouvelles capacités de production au réseau.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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