Face à la flambée des prix de l’argent, le géant mondial du photovoltaïque, Longi, annonce une transition stratégique majeure. Le groupe s’oriente vers la métallisation au cuivre pour ses cellules solaires, une innovation destinée à sécuriser ses coûts de production et à réduire sa dépendance aux matières premières critiques. Ce virage technologique, prévu pour le deuxième trimestre 2026, pourrait redéfinir la chaîne d’approvisionnement de toute l’industrie.
L’argent est un composant essentiel des panneaux solaires, utilisé pour créer les contacts conducteurs qui collectent le courant électrique généré. Cependant, le secteur photovoltaïque est devenu le plus grand consommateur industriel d’argent au monde, le rendant extrêmement vulnérable à la volatilité des marchés. Les prix ont récemment atteint des sommets, dépassant 83 dollars l’once, mettant sous pression les marges des fabricants.
Une étude conjointe de l’Université de Gand et d’Engie Laborelec alerte sur un déséquilibre structurel à venir. Leurs recherches prévoient que la demande mondiale d’argent pourrait atteindre 48 000 à 52 000 tonnes annuelles d’ici 2030, alors que l’offre plafonnerait autour de 34 000 tonnes. Le seul secteur solaire pourrait alors absorber de 29% à 41% de l’offre disponible, une situation intenable qui accélère la quête d’alternatives.
Longi a officialisé sa feuille de route vers la métallisation au cuivre dans une communication aux investisseurs du 5 janvier. Le groupe a déjà initié la construction des lignes de production nécessaires et vise une intégration à grande échelle à partir de 2026.
Longi justifie ce choix technologique par la compatibilité de sa plateforme de cellules à contact arrière (BC). Dans cette architecture, la majorité des contacts conducteurs sont situés au dos de la cellule, ce qui simplifie l’utilisation de matériaux alternatifs comme le cuivre. Cette configuration minimise les contraintes optiques et de gravure par rapport aux technologies TOPCon dominantes, offrant un terrain d’expérimentation plus favorable.
Remplacer l’argent par le cuivre n’est pas simple. Le cuivre est plus sensible à l’oxydation et à la diffusion dans le silicium, ce qui peut dégrader les performances et la longévité des panneaux. Longi doit donc maîtriser des procédés complexes comme le dépôt de couches barrières efficaces et le frittage adapté. La réussite de cette transition repose sur la stabilité des rendements en production de masse et la validation de la fiabilité à long terme via des tests tiers rigoureux.
Cette évolution dépasse le cadre d’une simple optimisation de coûts pour un seul fabricant. Elle représente une étape cruciale vers une industrie solaire plus résiliente et moins dépendante des métaux précieux.
Bien que Longi n’ait pas communiqué d’économies unitaires précises, la métallisation représente l’un des postes de coût les plus importants dans une cellule. Le remplacement par le cuivre, beaucoup moins cher et plus abondant, pourrait significativement réduire le coût par watt (€/W), un facteur clé pour accélérer le déploiement de l’énergie solaire dans le monde.
Cette innovation s’inscrit dans une tendance plus large de réduction et de substitution des matériaux (silver thrifting) observée par les analystes. Elle est essentielle pour soutenir la croissance exponentielle du photovoltaïque tout en assurant sa durabilité économique et sa stabilité d’approvisionnement.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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