Les énergies renouvelables entrent dans l’ère industrielle, selon ENGIE à Davos

Lors du Forum Économique Mondial de Davos 2024, Catherine MacGregor, directrice générale du groupe énergétique mondial ENGIE, a livré une analyse marquante. Son constat est clair : les énergies renouvelables ont définitivement quitté le stade expérimental ou marginal pour devenir un pilier industriel à part entière des systèmes énergétiques globaux. Cette transition n’est plus une vision d’avenir mais une réalité économique et technique qui redéfinit le paysage énergétique.

Une croissance chiffrée qui confirme le changement d’échelle

Les données présentées par la dirigeante sont sans appel. À l’échelle mondiale, près de 600 gigawatts (GW) de nouvelles capacités renouvelables ont été installés en 2024. En Europe, ce mouvement est encore plus palpable, avec près de 50% de l’électricité produite provenant désormais de sources renouvelables, soit un triplement en seulement deux décennies. « Ce n’est plus un sujet pour les poètes », a déclaré Catherine MacGregor, soulignant que la conversation a basculé vers « la magnitude des projets » et leur impact concret.

Des projets phares qui illustrent la nouvelle dimension industrielle

Pour étayer son propos, la directrice générale d’ENGIE a cité plusieurs initiatives emblématiques déployées par le groupe à travers le monde :

Un méga-projet solaire aux Émirats arabes unis

ENGIE lance la construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 1,5 GW, une puissance colossale qui témoigne de la maturité technologique et des investissements massifs désormais possibles.

L’intégration du stockage en Inde

En Inde, le groupe développe un projet combinant 100 MW de puissance renouvelable avec 600 MWh de capacités de stockage par batteries. Ce système permet de restituer l’électricité pendant six heures, palliant ainsi l’intermittence et garantissant une fourniture stable. Cette évolution est spectaculaire comparée aux premières installations de stockage du groupe, dont les capacités étaient bien plus limitées il y a seulement deux ans.

L’exemple de l’éolien offshore en France

La rapidité de déploiement est un autre signe de maturité industrielle. Catherine MacGregor a pris l’exemple d’un parc éolien offshore développé en France, dont la construction n’a duré que deux ans, de son lancement à sa mise en service, pour alimenter environ 800 000 habitants en électricité verte.

Fiabilité, prévisibilité et maîtrise des coûts : les atouts décisifs

Au-delà de la taille des projets, Catherine MacGregor a insisté sur des qualités souvent sous-estimées des renouvelables modernes : leur fiabilité et leur prévisibilité. Contrairement à certaines infrastructures énergétiques traditionnelles complexes, les projets solaires et éoliens sont désormais rapides à construire, parfaitement maîtrisés sur le plan industriel et rarement sujets à des dérives budgétaires majeures.

En 2024, ENGIE a installé 5,6 GW de nouvelles capacités renouvelables dans le monde, en restant systématiquement sous le budget initial et avec des retards moyens inférieurs à un mois. « Si l’on veut des électrons disponibles à date certaine, à coût maîtrisé, les renouvelables sont aujourd’hui un excellent pari », a-t-elle résumé.

Déconstruire les idées reçues : renouvelables, réseaux et prix de l’énergie

La dirigeante a profité de cette tribune pour corriger une idée reçue tenace. Elle a affirmé que la hausse des factures d’électricité des consommateurs n’est pas principalement due au déploiement des énergies renouvelables, mais aux investissements massifs et nécessaires dans les réseaux de transport et de distribution. Ces derniers doivent en effet être modernisés et renforcés pour accompagner l’électrification croissante des usages et intégrer une production plus décentralisée.

Elle a rappelé que dans les régions fortement équipées en renouvelables, les prix de gros de l’électricité ont même tendance à baisser, grâce à une production à coût marginal très faible.

Souveraineté énergétique : l’avantage stratégique ultime

Enfin, Catherine MacGregor a rappelé l’avantage géopolitique et stratégique fondamental des énergies renouvelables : une fois les installations construites, elles ne nécessitent aucun combustible fossile importé. Le vent et le soleil sont des ressources locales, gratuites et inépuisables. « Voir une éolienne ou un parc solaire en fonctionnement, c’est une démonstration tangible d’indépendance énergétique », a-t-elle conclu.

Elle a appelé les décideurs politiques à mettre en place des cadres réglementaires stables et ambitieux pour accélérer encore cette dynamique et ancrer durablement cette nouvelle ère industrielle de l’énergie.

Pour approfondir le sujet du stockage d’énergie, essentiel à l’intégration massive des renouvelables, vous pouvez consulter les ressources de l’Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables (IRENA).

Abonnez-vous maintenant à la Newsletter.
Inscription gratuite !

Commentaires

  • Il n'y a pas encore de commentaires.
Ajouter un commentaire