L’année 2025 a marqué un tournant majeur dans la transition énergétique mondiale. Selon le rapport annuel « Statistiques de capacité renouvelable 2026 » publié par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), le monde a ajouté un volume record de nouvelles capacités de production d’électricité propre. Le solaire photovoltaïque se distingue comme le moteur incontesté de cette croissance, établissant un nouveau record qui consolide sa position de pilier du futur mix énergétique.

Le solaire, locomotive de la croissance des énergies renouvelables

Les chiffres de l’IRENA sont sans équivoque : en 2025, 511 gigawatts (GW) de nouvelles capacités solaires ont été installées à travers le globe. Cette performance extraordinaire représente environ 75 % des 692 GW de capacités renouvelables ajoutées sur l’année. Cette domination du solaire illustre sa compétitivité économique croissante, la maturité de sa chaîne d’approvisionnement et son adoption massive par les marchés, des grandes centrales au sol aux installations résidentielles.

Ces ajouts portent la capacité solaire photovoltaïque mondiale totale à près de 2,4 térawatts (TW) sur une capacité renouvelable globale de 5,14 TW. Ainsi, à la fin de l’année 2025, près de la moitié (49 %) de la capacité électrique installée dans le monde était d’origine renouvelable, le solaire constituant à lui seul une part substantielle de ce parc.

Une croissance record mais des disparités régionales persistantes

Si les records tombent, leur répartition géographique reste inégale. L’Asie conserve son rôle de leader incontesté, ayant contribué à 74,2 % des nouvelles capacités renouvelables mondiales en 2025. La Chine, l’Inde et d’autres économies asiatiques poursuivent des programmes d’installation ambitieux.

Des signes très positifs émergent également d’Afrique et du Moyen-Orient, régions qui ont enregistré leurs plus fortes croissances annuelles à ce jour, avec des hausses respectives de 15,9 % et 28,9 %. Ces progressions, bien que partant d’une base plus faible, témoignent d’un dynamisme nouveau.

À l’inverse, d’autres régions accusent un retard significatif. L’Amérique centrale et les Caraïbes, par exemple, affichent la plus faible capacité renouvelable totale, avec seulement 21 GW en 2025. Pour l’IRENA, ces écarts ne sont pas seulement une question de développement durable, mais aussi de sécurité énergétique et de résilience économique.

La sécurité énergétique, un argument décisif pour l’accélération

Le rapport de l’IRENA souligne que dans un contexte géopolitique tendu, marqué par des inquiétudes sur l’approvisionnement et la volatilité des prix des combustibles fossiles, les énergies renouvelables offrent une voie pour réduire la dépendance aux marchés internationaux. Décentraliser la production d’énergie avec le solaire et l’éolien rend les systèmes nationaux structurellement plus robustes.

Francesco La Camera, Directeur Général de l’IRENA, l’affirme dans l’avant-propos du rapport : « Les pays qui ont investi dans la transition énergétique traversent cette crise avec moins de dommages économiques, tout en renforçant leur sécurité énergétique, leur résilience et leur compétitivité. » Cette analyse est corroborée par des institutions comme l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui promeut également une accélération drastique des déploiements.

Vers un système énergétique plus résilient et décentralisé

Malgré une croissance globale impressionnante, l’IRENA appelle à une accélération encore plus marquée pour aligner la trajectoire mondiale sur les objectifs climatiques de l’Accord de Paris. L’agence note que la part des renouvelables dans les nouvelles capacités électatoires mondiales était de 85,6 % en 2025, un chiffre en léger retrait par rapport aux 92,5 % de l’année précédente, signalant que des investissements dans les fossiles persistent.

L’avenir, selon l’IRENA, passe par un modèle plus flexible et décentralisé, intégrant massivement le solaire et l’éolien, soutenu par le stockage d’énergie, des réseaux intelligents et une participation élargie des acteurs, des producteurs indépendants aux autoconsommateurs. Cette transformation est essentielle pour bâtir une économie sobre en carbone capable de faire face aux défis du siècle.

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