Un rapport de la Direction générale du Trésor, publié en février 2024, analyse en profondeur les mécanismes de soutien aux énergies renouvelables électriques (EnR) en France. Il confirme leur rôle indispensable pour atteindre les objectifs climatiques et de souveraineté énergétique, tout en anticipant une transformation majeure : une baisse significative du coût unitaire du soutien public pour les nouvelles installations, grâce aux progrès technologiques et à la compétitivité accrue des filières.

Un mix énergétique bas carbone fondé sur la complémentarité

Le rapport souligne que la hausse nécessaire des capacités de production d’électricité décarbonée repose sur une alliance stratégique entre les énergies renouvelables et le nucléaire. Cette complémentarité est cruciale pour répondre à l’augmentation prévue de la consommation d’électricité dans la décennie à venir. Les délais de développement plus courts des projets EnR (entre 3 et 7 ans) permettent une mise en service rapide, tandis que le nucléaire assure une production pilotable et décarbonée sur le long terme. Cette vision s’inscrit dans la stratégie nationale d’électrification des usages et de décarbonation du système énergétique, telle que portée par la Stratégie Française pour l’Énergie et le Climat.

Le complément de rémunération, dispositif de soutien dominant

Le paysage du soutien public a évolué. L’historique obligation d’achat, qui garantissait un prix fixe, a largement cédé la place au complément de rémunération. Ce dispositif, qui représente 70% des contrats engagés sur 2023-2024, verse aux producteurs un complément lorsque le prix de marché est inférieur à un niveau de référence. S’il expose davantage les porteurs de projet aux fluctuations du marché de l’électricité, il est aussi moins coûteux pour la collectivité.

Un coût de soutien en baisse pour les nouvelles installations

En 2025, le coût moyen du soutien public via le complément de rémunération est estimé à 27 € par MWh, soit plus de quatre fois moins que celui généré par les anciens contrats en obligation d’achat. L’étude projette une baisse continue de ce coût unitaire jusqu’en 2035. La raison principale est la chute spectaculaire des coûts de production des technologies renouvelables. Ainsi, le coût complet de production (incluant l’investissement et l’exploitation) des nouvelles installations solaires et éoliennes soutenues devrait passer d’environ 120 €/MWh aujourd’hui à 80 €/MWh en 2035. Cette amélioration de la compétitivité se traduit mécaniquement par un besoin de soutien public moins élevé par MWh produit.

Perspectives et enjeux pour la transition énergétique

Cette évolution vers un soutien public moins onéreux par unité d’énergie produite est une excellente nouvelle pour la transition énergétique. Elle permet d’envisager un déploiement massif des EnR à un coût global maîtrisé pour les finances publiques. Elle démontre également la maturité croissante des filières renouvelables, qui deviennent de plus en plus autonomes face aux mécanismes de marché. Pour les investisseurs, cette trajectoire offre une visibilité sur la rentabilité future des projets, même si la volatilité des prix de marché reste un facteur de risque à prendre en compte dans les modèles économiques.

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