Le Sénégal confirme sa position de leader dans la transition énergétique en Afrique de l’Ouest. Avec 671 mégawatts (MW) de puissance photovoltaïque installée, le pays se classe au troisième rang régional, derrière le Nigeria et la Côte d’Ivoire, selon les données 2024 de l’Africa Solar Industry Association (AFSIA). Cette dynamique solaire se déploie dans un contexte national où le taux d’électrification atteint désormais 84%, et malgré l’entrée en production du champ gazier de Sangomar.

Un parc solaire diversifié et en croissance

Le mix solaire sénégalais est caractérisé par sa diversité. La répartition détaillée de la puissance installée met en lumière plusieurs segments :

  • Grandes centrales connectées au réseau : 307,5 MW
  • Autoconsommation résidentielle : 293,67 MW
  • Autoconsommation industrielle et commerciale : 58,2 MW
  • Mini-réseaux : 8,98 MW
  • Kits solaires domestiques : 3,63 MW

Le segment résidentiel domine ainsi le paysage, démontrant l’adoption croissante des solutions solaires par les ménages. Cette tendance est soutenue par un cadre réglementaire incitatif, incluant des exonérations de TVA sur les équipements dédiés aux énergies renouvelables.

Les grands projets en cours et à venir

La feuille de route solaire du Sénégal est ambitieuse et se concrétise par plusieurs projets d’envergure, intégrant de plus en plus le stockage d’énergie pour sécuriser l’alimentation.

Projets en construction et récemment mis en service

Le paysage évolue rapidement avec des réalisations concrètes. La centrale solaire de Kolda (30 MW) est entrée en service fin 2024. Sur le même site, un projet porté par le groupe Axian, combinant 60 MW de solaire et 72 MWh de stockage, est en construction depuis 2025. Par ailleurs, la société nationale d’électricité (SENELEC) et le groupe chinois CNTIC ont signé en juillet 2025 des contrats pour deux centrales solaires de 50 MW, chacune couplée à 90 MWh de stockage, avec une mise en service prévue entre 2026 et 2027.

Projets en phase de développement avancé

D’autres initiatives structurantes sont dans les starting-blocks. Parmi elles, on compte un projet de 40 MW de stockage par Infinity Power, une centrale de 20 MW + 11 MWh pour le site minier d’Eramet développée par l’allemand JUWI, et un méga-projet d’usine de dessalement solaire de 300 MW porté par l’énergéticien saoudien ACWA Power.

Un cadre réglementaire mature pour attirer les investissements

La clarté et la stabilité du cadre juridique sont des atouts majeurs pour le Sénégal. Le pays a mis en place des dispositifs reconnus comme matures par les investisseurs, tels que des tarifs d’achat garantis (feed-in tariffs) et des mécanismes de facturation nette (net metering). Les projets de mini-réseaux de moins de 50 kW peuvent être développés sans licence, simplifiant ainsi les démarches. Ces mesures s’inscrivent dans la vision du Pacte national pour l’énergie, qui vise à porter la part des énergies renouvelables à 40% du mix électrique d’ici 2030.

Défis et perspectives pour l’avenir

Malgré ces avancées, certains défis persistent. Le secteur hors-réseau, crucial pour l’électrification rurale, est freiné par des droits de douane élevés sur les équipements, pouvant ajouter 10 à 15% au coût final des kits solaires pour les particuliers. Parallèlement, l’arrivée du gaz de Sangomar, destiné à alimenter de nouvelles centrales thermiques comme celle de Cap des Biches (366 MW), complexifie le paysage énergétique. L’enjeu sera d’intégrer harmonieusement ces sources fossiles avec les renouvelables.

Pour y parvenir, le Sénégal peut compter sur un soutien financier international conséquent, notamment via 2,5 milliards d’euros de prêts concessionnels de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne et du Canada, signés en 2023. Ces fonds sont destinés à financer le développement des infrastructures de stockage et des réseaux hybrides, essentiels pour accueillir une part croissante d’énergies variables comme le solaire. L’objectif ultime reste l’accès universel à l’électricité d’ici 2029, avec l’électrification de près de 200 000 foyers supplémentaires.

La compétitivité économique du solaire est un moteur puissant. Face à un coût de l’électricité sur le réseau oscillant entre 0,129 et 0,307 dollar/kWh selon les consommateurs (source : IRENA), le photovoltaïque représente une alternative de plus en plus viable pour sécuriser l’approvisionnement et maîtriser les coûts à long terme.

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