La Belgique confirme sa place de leader mondial de la densité photovoltaïque, mais son marché traverse une période de forte turbulence. Le dernier rapport national de l’IEA PVPS (Programme des systèmes d’énergie photovoltaïque de l’Agence Internationale de l’Énergie), qui analyse les données jusqu’en 2024, dresse un état des lieux contrasté. D’un côté, le pays affiche une capacité installée impressionnante de 11,7 gigawatts (GW) et un taux de pénétration de 994 watts par habitant, le classant au quatrième rang mondial. De l’autre, le rapport constate un net « coup de frein » conjoncturel, avec une chute vertigineuse des nouvelles installations après le pic historique de 2023.
Le parc photovoltaïque belge a atteint une capacité cumulée de 11,7 GW en 2024. Cette croissance a été largement portée par le segment des petites installations, notamment résidentielles (inférieures à 10 kW). Ces systèmes de petite taille représentent l’épine dorsale du marché. Cependant, les segments commercial et industriel (installations de 10 à 750 kW) ainsi que les grandes centrales (supérieures à 750 kW) progressent, souvent motivés par des projets d’autoconsommation et la conclusion de contrats d’achat d’électricité (PPA) sur site ou hors site.
L’année 2024 marque un tournant avec une baisse drastique des nouvelles capacités installées, estimée à environ 0,98 GW contre 2,46 GW en 2023. Ce recul s’explique principalement par la fin de plusieurs mécanismes de soutien publics, ayant provoqué un effet « stop-and-go » préjudiciable.
La région flamande, qui domine traditionnellement le marché, a installé 858 MW en 2024. Ce chiffre masque en réalité une chute brutale par rapport au pic de 1 558 MW atteint en 2023. Ce retournement est directement lié à l’arrêt de la prime d’investissement et à la suppression du taux de TVA réduit à 6% pour les installations résidentielles, survenues fin 2023. Ces changements ont généré une ruée fin 2023, suivie d’un effondrement des investissements en 2024.
En Wallonie, la situation est encore plus marquée. La fin du système de net-metering (compteur qui tourne à l’envers) en 2023 a fait chuter les nouvelles installations de 876 MW en 2023 à seulement 92 MW en 2024. Cette transition vers un nouveau régime de soutien, basé sur la prime Qualiwatt, a créé une période d’incertitude et de faible activité.
La région de Bruxelles-Capitale reste un marché plus stable mais de plus petite taille, avec un rythme d’installations d’environ 30 MW par an.
La Belgique s’est fixé un objectif de 16,5 GW de capacité photovoltaïque d’ici 2030. Pour l’atteindre, un déploiement annuel inférieur à 1 GW serait suffisant, ce qui est moins que le niveau record de 2023 et probablement proche des chiffres révisés de 2024. Bien que cet objectif ait été relevé par rapport au précédent Plan National Énergie-Climat (NECP), les experts le considèrent comme insuffisant. Il ne permettrait vraisemblablement pas au pays de répondre pleinement aux exigences de partage des efforts climatiques de l’Union européenne dans le cadre du paquet « Fit for 55 ».
Le rapport de l’IEA PVPS souligne que l’avenir du solaire en Belgique dépendra de la capacité des autorités à mettre en place un cadre réglementaire stable et prévisible. La fin des mécanismes de soutien traditionnels nécessite une transition vers un modèle basé sur l’autoconsommation, le stockage et la compétitivité directe sur le marché de l’électricité. La simplification des procédures administratives et l’adaptation du réseau électrique à l’injection massive d’énergie intermittente sont également des défis majeurs à relever pour maintenir la dynamique de la transition énergétique.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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