À l’aube des nouveaux mandats municipaux, le syndicat des professionnels de l’énergie solaire, Enerplan, publie un guide stratégique de 16 pages à destination des élus locaux. Ce vade-mecum, intitulé « Pour un mandat solaire : 6 clés pour agir », arrive dans un contexte de forte volatilité des prix de l’énergie et d’impératifs de souveraineté. Il vise à outiller les communes pour qu’elles transforment leurs obligations réglementaires en véritables opportunités de développement. Nous décryptons ce plan d’action avec Richard Loyen, délégué général d’Enerplan.
La publication de ce guide intervient en pleine période de renouvellement des équipes municipales et dans un paysage énergétique tendu. « La crise énergétique représente une injonction vitale à accroître la part des renouvelables », souligne Richard Loyen. « Mais ce document va au-delà de l’actualité. Il met en lumière des leviers opérationnels immédiatement mobilisables par les élus. Pour les maires, nous entrons dans un mandat solaire, un septennat solaire, avec l’obligation de solariser tous les bâtiments publics d’ici 2031. Ce guide est un rappel réglementaire et une boîte à outils. »
Face à ces obligations, la posture recommandée n’est pas la contrainte, mais la proactivité. « Il est temps pour les maires de reprendre la main sur la destinée énergétique de leur commune », affirme Richard Loyen. L’enjeu est de placer la transition énergétique en haut de l’agenda politique pour en faire bénéficier l’ensemble des administrés. Le guide encourage les élus à lancer sans tarder des diagnostics, à programmer un plan d’action stratégique et à solliciter les dispositifs de financement disponibles, comme le Fonds Chaleur de l’ADEME, doté de 800 millions d’euros pour 2026.
Parmi les six clés proposées, le guide insiste sur la simplicité de mise en œuvre de certains dispositifs. L’autoconsommation collective (ACC) patrimoniale en est un exemple marquant. « C’est hyper simple à mettre en place pour une commune », explique Richard Loyen. « Cela se fait à l’échelle d’un EPCI (Établissement Public de Coopération Intercommunale) sans création de structure nouvelle. Cela offre une maîtrise du budget énergétique avec une visibilité sur 20 ans. » Autre levier : le Contrat d’Achat d’Électricité (PPA) public, rendu possible par la loi APER. Ce contrat entre une commune et un fournisseur fiabilise le financement des parcs solaires et constitue un signal fort pour les développeurs.
Les communes disposent d’une palette d’actions étendue : foncier public, patrimoine bâti, contrôle du Plan Local d’Urbanisme (PLU). Le guide les incite à faire preuve de créativité pour créer de nouveaux « communs » énergétiques : ombrières de parking, centrales sur des centres sportifs, des stations d’épuration ou des zones d’activité. « Le solaire ne doit pas être subi mais désiré et désirable. Le paysage est un bien commun », rappelle Richard Loyen. Il invite ainsi à travailler avec des paysagistes pour une intégration harmonieuse et à engager un dialogue constructif avec les Architectes des Bâtiments de France (ABF) dans les secteurs protégés.
Les synergies sont nombreuses. Le solaire peut directement alimenter la mobilité électrique communale, à l’image de la ville de Lorient qui recharge son parc de véhicules avec de l’électricité produite localement. Cette logique de circuit-court énergétique peut s’étendre aux transports scolaires ou publics.
L’inclusion sociale est un pilier fondamental de cette transition. Le guide cite l’exemple de l’association Sol Solidaire, qui déploie de l’autoconsommation collective dans le logement social via le mécénat. Les Autoconsommations Collectives Étendues (AMEP) permettent également à des producteurs de partager leur surplus avec des voisins ou des associations, participant ainsi à la lutte contre la précarité énergétique.
Le message final de Richard Loyen est clair : « Aujourd’hui, le solaire en circuits-courts est compétitif, seule compte la volonté politique. » Il encourage les maires à agir rapidement pour mettre en place des politiques publiques vertueuses, d’autant que le solaire fait consensus au-delà des clivages partisans. L’appel s’étend aussi aux professionnels de la filière, invités à se saisir du guide pour dialoguer avec les élus, et au Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT) pour former et accompagner les collectivités. « Nous avons une solution qui relève de l’évidence pour sortir de la crise énergétique : le développement de l’énergie solaire dans les territoires. Lancez-vous ! »

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
Inscrivez-vous en avant-première pour ne rien manquer de nos prochaines actualités.