Le Gabon vient de franchir une étape majeure dans sa stratégie énergétique avec le bouclage d’un financement de 28 millions d’euros pour la première phase de la centrale photovoltaïque d’Ayémé. Ce projet, qui intègre un système de stockage par batterie (BESS), est présenté comme le plus important du pays dans le domaine des énergies renouvelables. Il illustre la volonté gabonaise de diversifier son mix électrique et de réduire sa dépendance aux énergies fossiles, dans un contexte de lutte contre le changement climatique.
L’enveloppe financière de 28 millions d’euros (environ 18.4 milliards de francs CFA) a été structurée par le cabinet d’avocats français De Gaulle Fleurance & Associés. Elle a été apportée sous une forme mixte, en euros et en francs CFA, par le fonds d’investissement Afrigreen Debt Impact et la banque gabonaise BGFI. Cette approche financière sophistiquée vise à attirer davantage de capitaux privés et institutionnels vers les projets d’infrastructures durables en Afrique, en limitant les risques de change.
Développé par la société Solen SA, le projet est situé sur la Plaine d’Ayémé, à environ 30 kilomètres de la capitale Libreville. Il bénéficie d’un contrat d’achat d’électricité (CAE) d’une durée de 25 ans avec l’État gabonais. Le projet complet prévoit à terme une capacité de 60 MWc d’énergie solaire, couplée à 30 MWh de stockage par batteries.
La première phase, financée par cette enveloppe, concerne la construction de 30 MWc de panneaux photovoltaïques et de 8 MWh de capacité de stockage. Selon les informations de L’Union, 11 MW seraient déjà en service depuis novembre 2024. Cette phase initiale permettra d’alimenter des milliers de foyers en électricité propre et stable.
Ce projet s’inscrit pleinement dans les objectifs de la Stratégie Gabon Émergent (SEG) et des engagements nationaux en matière de développement durable. L’intégration du stockage par batterie est un élément clé : elle permet de lisser la production d’énergie solaire, intermittente par nature, et d’injecter une électricité stable dans le réseau national, même après le coucher du soleil. Cela renforce la sécurité et la résilience du système électrique.
En diversifiant ses sources de production, le Gabon réduit sa vulnérabilité aux fluctuations des prix des hydrocarbures et progresse vers ses cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le pays, connu pour son engagement en faveur de la préservation de ses forêts, étend ainsi son leadership environnemental au secteur de l’énergie.
Le projet Ayémé, initialement envisagé sur une capacité plus large, a été réajusté pour une mise en œuvre pragmatique. Le succès de cette première phase de 30 MWc conditionnera très probablement le déploiement de la seconde phase, qui portera la capacité totale à 60 MWc. Ce modèle de développement par phases permet d’ajuster le projet aux réalités techniques et financières, tout en démontrant la viabilité des grands parcs solaires hybrides (production + stockage) dans la région.
Il ouvre également la voie à d’autres initiatives similaires au Gabon et en Afrique Centrale, en montrant qu’un partenariat réussi entre promoteurs privés, investisseurs spécialisés et autorités publiques est possible pour accélérer la transition énergétique.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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