Depuis 2020, un mouvement organisé, opposé au développement massif des énergies renouvelables et favorable au nucléaire, s’est structuré pour influencer durablement la politique énergétique de la France. Ce réseau, bien que dépourvu de statut juridique unifié, a démontré une capacité d’action et une cohérence qui en font un acteur incontournable des débats actuels. Son objectif avoué est de remporter la « bataille culturelle » sur l’énergie, un enjeu crucial pour l’avenir industriel et écologique du pays.
L’impact de ce réseau est déjà tangible. Son action la plus significative a été de contribuer au blocage répété de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le document cadre qui définit la stratégie énergétique française. Initialement prévue pour 2023, sa publication a été reportée à plusieurs reprises et demeure incertaine en 2025, créant une période d’instabilité préjudiciable aux investisseurs et à la planification de la transition.
Cette influence s’exerce par un maillage d’acteurs aux rôles complémentaires, allant de la production d’études et d’argumentaires à la contestation juridique de projets éoliens ou solaires, en passant par une intense activité de communication.
Parmi les personnalités identifiées comme centrales figurent Fabien Bouglé, essayiste et directeur de la revue Transitions et Énergies, et Xavier Moreno, fondateur du think tank Cérémé (Cercle d’étude et de réflexion sur l’énergie et le milieu environnant). Autour d’eux, un écosystème d’associations et de structures spécialisées mène des actions coordonnées. Pour comprendre le paysage plus large des politiques énergétiques en Europe, on peut se référer aux analyses de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE).
L’année 2025 a marqué une étape importante avec la politisation accrue de ces thèses. Lors de l’examen de la proposition de loi Gremillet, un rapprochement inédit entre une partie de la droite et l’extrême droite s’est opéré sur le sujet énergétique. Cette alliance a abouti au vote, en première lecture, d’un amendement instaurant un moratoire sur les nouveaux projets d’énergies renouvelables. Bien que finalement rejeté, ce vote a symbolisé la pénétration des idées du réseau au plus haut niveau de l’État.
Ces discours rencontrent un écho croissant auprès de certains décideurs publics, dans un contexte marqué par les contraintes budgétaires et la volonté de préserver les intérêts économiques et la souveraineté industrielle d’EDF. La défense d’un parc nucléaire historique et la promotion de nouveaux réacteurs (EPR2) constituent un axe majeur de leur plaidoyer. Cette dynamique inquiète profondément les acteurs des filières renouvelables (éolien, solaire, hydrogène vert), qui redoutent un ralentissement de leurs activités et un retard dans l’atteinte des objectifs climatiques français. Les perspectives de la transition énergétique sont également scrutées par des organismes comme l’Association des Ecologistes Pour le Nucléaire (AEPN), qui porte un regard différent sur le mix énergétique.
Alors que la publication de la PPE reste en suspens, les arbitrages énergétiques des prochaines années s’annoncent décisifs, notamment à l’approche de l’échéance présidentielle de 2027. Le front structuré anti-énergies renouvelables a réussi à imposer ses thèmes dans le débat public et à complexifier la gouvernance de la transition. La confrontation entre les modèles énergétiques – un nucléaire revitalisé face à un déploiement accéléré des renouvelables – est plus que jamais au cœur des choix de société qui attendent la France. Pour suivre l’évolution législative et réglementaire, le site du service public de la diffusion du droit reste une ressource essentielle.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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