Face à la volatilité des prix de l’argent, l’industrie solaire est à un tournant. Les principaux fabricants explorent activement le cuivre comme alternative pour la métallisation des cellules photovoltaïques. Cette évolution, motivée par des impératifs économiques, pourrait redéfinir les chaînes d’approvisionnement et la composition des panneaux solaires de demain, même si elle implique de nouveaux défis techniques.
Le prix de l’argent a connu des pics historiques, dépassant les 86 € l’once troy, avant de se stabiliser à un niveau toujours élevé. Étant un composant clé des pâtes de métallisation des cellules, son coût pèse directement sur la fabrication des modules. Des annonces majeures, comme celle du géant chinois Longi qui adopte une métallisation au cuivre, et de son fournisseur DK Electronic Materials, signalent un changement structurel. L’année 2026 est envisagée comme une étape charnière pour une adoption commerciale à grande échelle.
Comme l’explique Radovan Kopecek, cofondateur de l’International Solar Energy Research Center (ISC) Konstanz, « le photovoltaïque est une industrie suiveuse. Lorsque les grands acteurs lancent quelque chose, les autres suivent ». Il confirme qu’une transition immédiate est techniquement et économiquement réalisable, avec une technologie d’impression sérigraphique au cuivre prête à être déployée.
L’adoption de cette nouvelle technologie n’est pas sans conditions. Elle repose sur un équilibre entre gain économique, performance et fiabilité à long terme.
Les développeurs de projets seraient prêts à adopter des modules métallisés au cuivre, d’autant plus que les performances peuvent être équivalentes à celles des modules utilisant de l’argent. Cependant, l’argent ne disparaîtra pas totalement. Il restera nécessaire à hauteur d’environ 2 à 3 mg par watt pour des fonctions critiques comme le « firing through » (perçage thermique), la création d’une barrière de diffusion et l’établissement du contact avec l’émetteur de la cellule.
Ning Song, chercheuse à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) en Australie, précise que l’utilisation de pâtes à forte teneur en cuivre pourrait entraîner une légère baisse du rendement de conversion des cellules. « Ce compromis est acceptable s’il n’introduit pas de nouveaux risques de fiabilité. En fin de compte, la décision dépend de la capacité à compenser la perte de rendement au niveau du module et du système », affirme-t-elle. L’enjeu économique doit donc être évalué à l’échelle de l’ensemble du système photovoltaïque.
La transition se fera par étapes. À court terme, la stratégie la plus mature consiste à réduire agressivement la quantité d’argent dans les procédés de sérigraphie existants. Cette approche minimise les perturbations sur les lignes de production actuelles.
À plus long terme, la recherche explore des systèmes de pâtes alternatifs. L’objectif ultime, selon Ning Song, est de trouver une solution offrant « la meilleure combinaison entre une faible résistance de contact, des pertes par recombinaison minimales, une conductivité élevée, une ductilité suffisante pour des lignes de grille fines et une fiabilité robuste sur le long terme – indépendamment du métal utilisé ».
La transition vers le cuivre dans le photovoltaïque est bien plus qu’une simple réaction aux prix du marché. C’est une évolution technologique profonde qui nécessite une collaboration étroite entre chercheurs, fabricants de pâtes et producteurs de cellules. Si les défis de fiabilité sont maîtrisés, le cuivre pourrait devenir le nouveau standard, contribuant à une énergie solaire plus abordable et résiliente. Pour suivre l’évolution des technologies solaires, vous pouvez consulter les ressources de l’International Energy Agency Photovoltaic Power Systems Programme (IEA PVPS).

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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