Dans un contexte de forte pression concurrentielle mondiale et de transition énergétique, huit des plus grandes entreprises européennes du secteur de l’énergie lancent un appel commun aux institutions de l’Union européenne. Statkraft, Fortum, Vattenfall, Iberdrola, EDP, Ørsted, EDF et Engie exhortent les dirigeants, dans une lettre adressée à la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et au président du Conseil António Costa, à préserver les mécanismes de marché existants et à accélérer résolument la décarbonation. Leur message est clair : l’avenir de la compétitivité européenne passe par l’innovation, la coopération et une régulation stable, et non par le démantèlement des acquis du marché intérieur.
Les dirigeants de ces huit groupes, investisseurs majeurs dans le système énergétique européen, insistent sur la nécessité de cadres politiques stables et prévisibles. Ils estiment que seule une telle stabilité peut soutenir les investissements massifs et à long terme requis pour la transition des énergies fossiles vers une électricité décarbonée. La crédibilité des politiques est, selon eux, le fondement de la confiance des investisseurs, elle-même indispensable pour mobiliser les capitaux nécessaires à la modernisation industrielle et au déploiement des énergies propres.
La lettre adressée aux institutions européennes détaille une feuille de route articulée autour de cinq axes fondamentaux pour redynamiser la compétitivité du continent.
Les signataires rappellent que la dépendance aux énergies fossiles expose l’Europe à la volatilité des prix et aux risques géopolitiques. Investir dans une électricité abordable, décarbonée et produite localement est la seule voie vers une résilience durable. Ils défendent avec force le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE-UE), le décrivant comme la pierre angulaire de la transition. Un SEQE robuste fournit un signal-prix clair pour les investissements verts et génère des recettes pour soutenir l’industrie. Son affaiblissement compromettrait, selon eux, les objectifs climatiques et économiques de l’Europe.
Le marché intérieur de l’électricité et son principe de tarification marginale sont présentés comme des acquis essentiels. Ce mécanisme, qui fait payer l’électricité au coût de la dernière centrale appelée pour couvrir la demande, garantit une mobilisation des ressources au moindre coût et envoie des signaux d’investissement efficaces. Les entreprises mettent en garde contre toute remise en cause de ce principe, qui entraînerait selon elles une fragmentation du marché, une réduction des investissements et, in fine, une hausse des coûts pour les consommateurs.
La transition énergétique nécessite des capitaux colossaux. Les entreprises soulignent que pour les mobiliser, elles ont besoin de politiques claires, stables et crédibles sur le long terme. La confiance dans le cadre réglementaire est le prérequis indispensable pour lancer les grands projets d’infrastructures et de nouvelles capacités de production renouvelable.
Les huit groupes identifient le marché intérieur comme le principal atout de compétitivité de l’Europe. Ils plaident pour une intégration plus poussée (« Une Europe, un marché ») afin de garantir une énergie abordable, d’attirer les investissements et d’assurer la transition au moindre coût. Ils s’opposent aux interventions nationales unilatérales qui, en fragmentant le marché, nuiraient selon eux à la compétitivité globale de l’UE sur la scène mondiale.
Reconnaissant que certains secteurs industriels peuvent nécessiter un accompagnement, les signataires appellent à un soutien ciblé et temporaire, conçu pour s’aligner sur la vision à long terme de l’Europe. Ils proposent notamment de :
Birgitte Ringstad Vartdal, présidente et directrice générale de Statkraft, premier producteur d’énergie renouvelable en Europe, a réagi en insistant sur deux points. « Affaiblir le système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne ne résoudra pas les défis de compétitivité de l’Europe. Au contraire, cela peut accroître l’incertitude et ralentir les investissements », a-t-elle déclaré. Elle défend l’ETS comme « l’épine dorsale » de la stratégie climatique européenne. Elle alerte également sur les risques de fragmentation du marché de l’électricité, qui « aurait un coût élevé pour les consommateurs et affaiblirait la compétitivité mondiale de l’Europe ».
L’appel conjoint de ces huit géants de l’énergie dessine une voie ambitieuse pour l’Europe. Il oppose deux visions : celle d’un retour en arrière, avec des mesures protectionnistes et une fragmentation des règles, et celle d’une accélération fondée sur l’innovation, la coopération transfrontalière et la puissance du marché unique. Les signataires, qui investissent déjà massivement dans la transition, affirment leur volonté d’accélérer mais demandent aux décideurs politiques de créer les conditions réglementaires stables et prévisibles indispensables pour maintenir le leadership industriel et climatique de l’Europe dans le monde.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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