L’agrivoltaïsme connaît un essor remarquable en France, soutenu par le cadre réglementaire introduit en 2023 via la loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables (loi APER). Pour accompagner cette croissance, le gouvernement français, avec l’appui de l’ADEME, déploie une stratégie complète incluant la publication de données régionales et la création d’un outil fondamental : l’Observatoire de l’Agrivoltaïsme.

L’observatoire national de l’agrivoltaïsme : un outil stratégique

L’Observatoire de l’Agrivoltaïsme représente la pierre angulaire de la stratégie gouvernementale. Conçu comme un instrument de suivi national, il vise à accompagner le développement de la filière tout en préservant la vocation première des terres agricoles : la production alimentaire pour assurer la souveraineté alimentaire de la France.

Les missions principales de l’observatoire

Cette structure nationale remplira deux fonctions essentielles :

Elle offrira une vision territoriale précise du développement agrivoltaïque en recensant les projets existants ou autorisés, complétée par une cartographie des installations photovoltaïques sur terrains agricoles.

Elle constituera une source d’information centralisée sur l’agrivoltaïsme, mettant à disposition des documents et outils pour tous les acteurs concernés : professionnels du secteur, administration, enseignement, recherche et grand public.

Les données actuelles et perspectives d’évolution

La première version de l’Observatoire présente déjà les données de plus de 200 installations existantes ou autorisées en France métropolitaine et dans les DOM. La majorité de ces projets ont été autorisés avant l’adoption de la loi APER. L’outil sera régulièrement enrichi avec la mise en service de nouvelles installations, notamment celles autorisées dans le cadre de la loi APER, ainsi qu’avec les premiers résultats de performance agricole et énergétique.

Le déploiement territorial : une dynamique soutenue

Le pilotage de l’Observatoire National est confié à l’ADEME, à qui la loi APER de 2023 a attribué une mission de suivi statistique des installations agrivoltaïques. Dans ce cadre, l’agence conduit une étude approfondie sur le développement de l’agrivoltaïsme, dont les premiers résultats concernent cinq régions : Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Bourgogne-Franche-Comté et La Réunion.

Une étude révélatrice du potentiel français

Cette étude régionale a recensé plus de 1600 projets photovoltaïques sur terrains agricoles, tous stades de développement confondus, démontrant une dynamique de déploiement extrêmement forte qui nécessite un accompagnement et un encadrement adaptés.

L’encadrement réglementaire et le suivi agronomique

Les ministères chargés de l’énergie, de l’agriculture et de l’urbanisme s’engagent dans une démarche proactive de suivi des installations agrivoltaïques. Récemment, une première campagne de contrôle a été menée sur les projets développés avant l’adoption de la loi APER, visant à vérifier la transmission effective des rapports de suivi agronomique prévus par les cahiers des charges des appels d’offres de la Direction générale de l’énergie et du climat.

La nécessaire vérification des engagements

Ce contrôle s’inscrit dans une logique de garantie du respect des engagements pris par les porteurs de projet, particulièrement concernant le maintien de l’activité agricole principale sur les terrains concernés.

Analyse des premières données nationales

Les 218 installations photovoltaïques sur fonciers agricoles répertoriées (majoritairement mises en place ou autorisées avant la réglementation issue de la loi APER) représentent une puissance cumulée impressionnante de plus de 2,2 GWc. Parmi elles, 121 installations sont déjà en exploitation.

Diversité des technologies et des productions

La majorité de ces installations utilise des structures fixes ou des serres photovoltaïques, tandis qu’une partie repose sur des structures mobiles. Les productions agricoles se répartissent de façon équilibrée entre cultures et élevage, témoignant de la diversité des applications agrivoltaïques.

L’étude nationale en cours : vers un panorama complet

L’étude nationale actuellement en cours s’inscrit dans la continuité des travaux de l’ADEME publiés en 2022. Elle ambitionne de dresser un panorama exhaustif du secteur et d’outiller les parties prenantes pour les accompagner vers des projets vertueux, favorisant leur appropriation au sein des territoires.

Une méthodologie participative et inclusive

Cette étude s’appuie sur une démarche participative mobilisant plus de 200 acteurs régionaux : services déconcentrés de l’État, chambres d’agriculture, instituts agricoles, agriculteurs, développeurs de projets et experts. Des entretiens et des temps de concertation ont été organisés dans chaque région pour confronter les points de vue et établir un état des lieux détaillé et partagé du développement des projets agrivoltaïques.

Perspectives 2026 : des outils d’accompagnement renforcés

En capitalisant sur les enseignements des études régionales, la deuxième phase de l’étude permettra de disposer d’un panorama complet au niveau national et de mettre à disposition des outils d’accompagnement des parties prenantes pour le montage de projets vertueux d’ici le début de l’année 2026.

Pour en savoir plus sur les énergies renouvelables en France, consultez le site du Ministère de la Transition écologique.

Abonnez-vous maintenant à la Newsletter.
Inscription gratuite !

Commentaires

  • Il n'y a pas encore de commentaires.
Ajouter un commentaire