Le continent africain est entré dans une nouvelle ère de son développement énergétique. Selon le Global Solar Council (GSC), l’Afrique a enregistré en 2025 sa croissance la plus rapide jamais observée dans le secteur solaire, avec l’ajout de 4,5 gigawatts (GW) de nouvelles capacités. Cette performance représente une augmentation spectaculaire de 54 % par rapport à l’année précédente, marquant un tournant décisif dans la transition énergétique du continent.

Les deux moteurs de l’expansion solaire africaine

Cette croissance record est portée par deux dynamiques complémentaires qui structurent le marché. D’un côté, les projets solaires à grande échelle, souvent initiés et financés par les gouvernements et les institutions de développement internationales comme la Banque Africaine de Développement, continuent de se développer. De l’autre, le segment du solaire distribué connaît un essor remarquable. Les installations sur les toits des habitations, des commerces et des industries, financées majoritairement par le secteur privé, contribuent massivement à cette nouvelle capacité, démocratisant l’accès à une électricité propre et décentralisée.

Un paysage énergétique en pleine diversification

Si des pays leaders maintiennent leur avance, de nouveaux acteurs émergent avec force. Le marché reste dominé par l’Afrique du Sud (1,6 GW ajoutés), suivie du Nigeria (803 MW), de l’Égypte (500 MW) et de l’Algérie (400 MW). Cependant, la tendance la plus significative est la montée en puissance de marchés émergents. Le Maroc, la Zambie et la Tunisie ont ainsi respectivement augmenté leur capacité de 204 MWc, 139 MWc et 120 MW en 2025, souvent grâce à une forte adoption du solaire distribué.

Note : Les données peuvent varier selon les sources. L’Association Africaine de l’Industrie Solaire (AFSIA) rapportait par exemple 2,4 GW installés pour la même période, soulignant les défis de l’harmonisation des statistiques à l’échelle continentale.

Un potentiel immense face à des défis persistants

L’Afrique détient un atout majeur : environ 60 % des meilleures ressources solaires de la planète. Alors que la demande énergétique du continent devrait être multipliée par huit d’ici 2050, l’énergie solaire apparaît comme une solution incontournable. Les importations de modules solaires, qui ont atteint 18,2 GW en 2025 – bien au-delà des besoins des seuls projets publics –, confirment l’engouement massif, notamment pour les applications résidentielles et commerciales.

Le financement, principal frein à lever

Malgré cette dynamique positive, un obstacle de taille persiste. Aujourd’hui, 82 % des investissements dans les énergies propres en Afrique proviennent encore de fonds publics ou de développement. Les projets privés, en particulier les installations distribuées qui nécessitent des financements locaux et à court terme, se heurtent à des difficultés d’accès au capital. Pour libérer tout le potentiel du continent, le GSC souligne la nécessité de créer des modèles financiers innovants et adaptés à cette réalité.

Perspectives : vers un avenir radieux à condition d’agir

Les prévisions pour les prochaines années sont extrêmement optimistes. Le secteur solaire africain pourrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 21 % jusqu’en 2029. Si les recommandations clés sont mises en œuvre – notamment le développement de financements adaptés, l’amélioration de la collecte de données, et des investissements accrus dans les infrastructures de réseau et de stockage –, le continent pourrait installer plus de 33 GW de capacité solaire supplémentaire d’ici 2029. Cela multiplierait par six la capacité ajoutée en 2025, accélérant considérablement l’accès universel à une énergie fiable, abordable et durable pour tous les Africains.


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