La vision énergétique du rn face à la ppe 3 : nucléaire à 75 % et critiques acerbes

La publication par décret de la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 3) par le gouvernement a suscité de vives réactions politiques. Invité sur France Info, Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National (RN), en a vivement critiqué les fondements, annonçant même des actions parlementaires et juridiques pour la contester.

Une opposition frontale : motion de censure et recours juridique

Le député a confirmé que son groupe envisageait le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement. Il estime que la stratégie énergétique dévoilée constitue « une impasse » et a également évoqué un possible recours devant le Conseil d’État. Selon son analyse, le choix d’un décret pour acter la PPE 3 serait une conséquence des injonctions européennes, notamment liées à la transposition de la directive RED III sur les énergies renouvelables.

Le prix de l’électricité, pierre angulaire du débat

Au cœur des critiques, la question du coût de production de l’électricité. Jean-Philippe Tanguy défend un objectif de prix « sorti de centrale » compris entre 40 et 60 euros par mégawattheure (€/MWh). Il juge que la trajectoire gouvernementale, qui table sur un coût cible de 100 €/MWh pour les futurs réacteurs EPR2, compromettrait gravement la compétitivité industrielle française face à des géants comme les États-Unis ou la Chine.

Un appel à l’accélération du nucléaire

Pour atteindre cet objectif de prix bas, le député plaide pour une accélération massive du programme nucléaire. Il propose de ramener les délais de construction de nouveaux réacteurs à sept ans, en s’inspirant notamment des méthodes éprouvées par la Corée du Sud. Il relativise par ailleurs l’ampleur de la relance annoncée, soulignant que la production nucléaire prévue pour 2035 resterait, selon ses calculs, inférieure à celle de l’année 2006.

Une proposition de mix énergétique radicale : 75 % de nucléaire

La contre-proposition du RN est claire : construire un mix énergétique composé, à terme, de 75 % d’énergie nucléaire et de 25 % d’énergies renouvelables « pilotables », principalement l’hydroélectricité. Cette vision s’oppose frontalement au développement de nouvelles capacités éoliennes, qu’elles soient terrestres ou maritimes.

Une ouverture très limitée au solaire

Le parti se montre également très réservé sur le solaire photovoltaïque. Jean-Philippe Tanguy n’y voit une utilité que dans des cas d’usage spécifiques, comme l’accompagnement de la demande liée à la climatisation lors des pics de chaleur estivaux, et non comme un pilier de la production de base.

Décarbonation 2050 : la voie du nucléaire et de la « neutralité technologique »

Le député affirme que le RN défend l’extinction des énergies fossiles d’ici 2050. Cependant, la trajectoire prônée est centrée sur le nucléaire et le principe de « neutralité technologique ». Ce concept s’oppose, selon lui, à des choix réglementaires qu’il juge imposés « par le haut » en faveur de certaines énergies renouvelables, au détriment d’une approche pragmatique des coûts et de l’efficacité.

Une feuille de route encore ajustable ?

La PPE 3 comporte une clause de réexamen, laissant la porte ouverte à des ajustements futurs. Dans un contexte énergétique mondial tendu et alors que les débats politiques s’intensifient en France, cette programmation continue de cristalliser les profondes divergences sur le rythme, les moyens et les priorités de la transition énergétique nationale.

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