Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENA) confirment leur statut de leader mondial de la transition énergétique. Selon le dernier rapport du groupe de réflexion Dii Desert Energy, intitulé « Renewables, Hydrogen and Energy Storage developments in the MENA region », la région a ajouté 12,2 gigawatts (GW) de nouvelle capacité solaire en 2025. Cette croissance record propulse le portefeuille total de projets d’énergies renouvelables à 202 GW et rapproche la région de ses objectifs climatiques pour 2030.

Le solaire photovoltaïque, pilier de la croissance verte en MENA

L’année 2025 marque un tournant décisif. La capacité solaire cumulée de la région MENA atteint désormais 34,5 GW, faisant du photovoltaïque la technologie renouvelable dominante. La capacité totale en énergies renouvelables (solaire, éolien, etc.) s’élève à 43,7 GW, en hausse significative par rapport aux 30,3 GW fin 2024. Cette dynamique est principalement portée par des méga-projets qui transforment le paysage énergétique régional.

Le classement des leaders solaires de la région

La course au leadership solaire dans le Golfe et au-delà redessine la carte énergétique :

  • Arabie Saoudite : Devenue le leader incontesté, le Royaume a inauguré plusieurs projets d’envergure en 2025, dépassant les 11 GW de capacité solaire opérationnelle. Cette stratégie s’inscrit dans le cadre de Vision 2030 visant à diversifier son économie.
  • Émirats Arabes Unis : Se classant deuxième avec plus de 6,5 GW, les EAU continuent d’étendre le parc solaire Mohammed bin Rashid Al Maktoum, présenté comme le plus grand du monde.
  • Égypte et Jordanie : Ces pays occupent respectivement les troisième et quatrième places, avec 2,5 GW et 2,1 GW, capitalisant sur leurs ressources abondantes pour sécuriser leur approvisionnement électrique.
  • Oman : Le Sultanat a franchi le cap symbolique du 1 GW en 2025, atteignant 1,6 GW grâce à la mise en service des projets Manah I et II.

Un portefeuille de projets de 202 GW pour dépasser les objectifs 2030

La pipeline de projets est le véritable indicateur de l’ambition future. En un an, le portefeuille de projets renouvelables de la région MENA est passé de 131 GW à 202 GW, dont 130 GW attribués au solaire. Ce pipeline se décompose ainsi :

  • 43,7 GW sont déjà opérationnels.
  • 38 GW sont en construction.
  • 34 GW sont en phase de développement avancé.
  • 87 GW sont annoncés ou font l’objet de protocoles d’accord.

Cette masse critique de projets rapproche la région de son ambition nationale agrégée de 235 GW de capacités renouvelables d’ici 2030. Le rapport de Dii Desert Energy estime même que « si la dynamique actuelle se poursuit, le déploiement du solaire devrait conduire la région à dépasser ses objectifs globaux ».

Scénarios pour 2030 : de la base conservatrice à la révolution verte

Face à cette accélération, Dii Desert Energy a actualisé ses projections pour 2030 :

  • Scénario conservateur : 165 GW de capacités renouvelables.
  • Scénario équilibré : Aligné sur les objectifs nationaux actuels, à 235 GW.
  • Scénario « révolution verte » : Représentant le plein potentiel régional, à 290 GW.

Le rapport note toutefois que combler l’écart vers les objectifs les plus ambitieux « nécessitera une dynamique soutenue, la résilience des chaînes d’approvisionnement et la mobilisation continue de capitaux ».

Le stockage d’énergie par batteries (BESS), un marché en explosion

La transition ne se limite pas à la production. Pour intégrer massivement les énergies variables comme le solaire, la région développe à grande vitesse son marché du stockage. En 2025, la capacité opérationnelle de stockage à grande échelle atteint environ 25 GWh.

La tendance est claire : les systèmes de stockage d’énergie par batteries (BESS) représentent désormais 50% de cette capacité, supplantant progressivement les anciens systèmes de stockage thermique. Leur coût ayant chuté d’environ 80% en dix ans, les projets BESS se développent aussi bien de manière autonome qu’en co-localisation avec des centrales solaires. Le rapport anticipe une multiplication par six de cette capacité, pour atteindre 156 GWh d’ici 2030, un impératif pour la stabilité des réseaux électriques.

Cette transformation énergétique rapide positionne la région MENA non seulement comme un futur hub d’énergie verte, mais aussi comme un acteur clé dans la production d’hydrogène vert, consolidant son rôle géostratégique dans l’économie mondiale de demain.

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