Le Premier ministre Sébastien Lecornu a officiellement présenté les orientations de la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 3), dont le décret a été publié au Journal Officiel. Ce document stratégique, attendu par l’ensemble de la filière, fixe la trajectoire énergétique de la France pour les prochaines années, avec un objectif central : accélérer la décarbonation et renforcer la souveraineté énergétique nationale. Le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) salue cette publication tout en appelant à une mise en œuvre rapide et concrète sur le terrain.
La PPE 3 se structure autour de plusieurs axes majeurs visant à diversifier le mix énergétique et à réduire la dépendance aux énergies fossiles. Elle acte un tournant en reconnaissant officiellement le rôle indispensable de toutes les filières renouvelables, qu’elles soient électriques ou non.
Pour la première fois, la chaleur et le froid renouvelables sont identifiés comme un pilier stratégique. La PPE 3 doit préciser les objectifs pour les filières du bois-énergie, de la géothermie, de la valorisation énergétique des déchets et du développement des réseaux de chaleur. Ces technologies sont cruciales pour décarboner l’industrie et le secteur résidentiel.
Le biométhane est confirmé comme un vecteur essentiel pour la souveraineté et la valorisation des ressources locales. La visibilité apportée sur les volumes à horizon 2030 et 2035 doit maintenant permettre de sécuriser les investissements et de clarifier la trajectoire des certificats de production de biométhane (CPB) après 2028.
La PPE 3 concrétise le programme du Pacte éolien en mer. La finalisation de l’appel d’offres AO9 et le lancement rapide de l’AO10 sont annoncés comme prioritaires pour donner de la visibilité à la filière industrielle et portuaire française. Le développement de l’éolien en mer est une composante clé de la future production électrique nationale.
L’ambition pour le solaire photovoltaïque est fixée à 48 gigawatts (GW) de capacités installées d’ici 2030. Si ce chiffre marque un ralentissement par rapport au rythme de croissance des dernières années, il vise à stabiliser la filière. Le relancement immédiat des appels d’offres pour tous les segments (simplifiés, bâtiments, sol au sol) est présenté comme une condition sine qua non pour atteindre cet objectif et accompagner l’émergence de gigafactories sur le territoire.
Le SER regrette une ambition revue à la baisse pour l’éolien terrestre. La PPE 3 met l’accent sur le renouvellement (repowering) des parcs existants, mais cela ne suffira pas, selon le syndicat, à atteindre les objectifs nationaux. La filière appelle au lancement d’appels d’offres incluant des volumes pour de nouveaux projets et à un assouplissement des contraintes de plafonnement aérien pour produire plus d’électricité avec moins de mâts.
La programmation confirme la modernisation et l’augmentation des capacités hydroélectriques existantes, avec un objectif de 1,7 GW pour les Stations de Transfert d’Énergie par Pompage (STEP). Par ailleurs, une avancée notable est l’annonce d’un premier appel d’offres commercial de 250 MW pour l’hydrolien au Raz Blanchard, permettant à cette filière innovante de passer à l’échelle industrielle.
Si la publication de la PPE 3 est saluée comme une étape nécessaire, le SER et l’ensemble des acteurs appellent à une traduction opérationnelle sans délai. La relance immédiate des appels d’offres, à l’arrêt depuis plusieurs mois, est jugée critique pour rassurer la chaîne industrielle, maintenir les emplois et respecter la trajectoire de décarbonation.
Jules Nyssen, Président du SER, a déclaré : « Je remercie le Premier ministre pour la lucidité dont il a fait preuve… Il est cependant urgent que cette PPE se traduise maintenant sur le terrain. » Il insiste sur la nécessité de constituer une « équipe de France des énergies » unie pour réussir la double transition écologique et industrielle.
La réussite de cette feuille de passe dépendra également de la coordination avec les Programmations Pluriannuelles de l’Énergie régionales (PPER) dans les zones non-interconnectées (ZNI), dont les concertations sont relancées, et du succès du grand plan d’électrification des usages annoncé pour mai 2026.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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