Dans la Nièvre, un projet exemplaire d’économie circulaire et de transition énergétique est en cours. Porté par le développeur Tenergie, en partenariat avec la Communauté de communes Sud Nivernais et la municipalité de La Machine, ce projet transforme un ancien site industriel pollué en une source d’énergie propre. Cette initiative illustre parfaitement comment la réhabilitation de friches peut contribuer aux objectifs de souveraineté énergétique et d’aménagement durable des territoires.

Un site à l’histoire industrielle chargée

Le terrain choisi pour accueillir la future centrale porte les stigmates de l’histoire industrielle locale. Utilisé pendant des décennies pour l’extraction de la houille, il était parsemé de puits de mine. Après la fin de l’exploitation minière, le site a été reconverti en décharge pour l’enfouissement de déchets ménagers, une activité qui a perduré jusqu’aux années 2000. Laissé à l’abandon, ce terrain dégradé représentait un enjeu environnemental et un potentiel inexploité pour la collectivité.

La genèse d’un projet de territoire

Dès fin 2017, les acteurs publics locaux ont initié une réflexion pour redonner une utilité à cette friche. L’idée d’y installer une centrale photovoltaïque a émergé comme la solution la plus pertinente, permettant de produire une énergie renouvelable localement tout en restaurant le site. Après une phase d’études et de concertation, la demande de permis de construire a été déposée fin 2020 et obtenue en mars 2022, ouvrant la voie à la réalisation concrète du projet.

Les caractéristiques techniques d’une centrale innovante

La future centrale solaire, d’une puissance de 5 MWc (Mégawatt-crête), s’étendra sur près de 2,3 hectares. Elle sera composée de milliers de panneaux photovoltaïques qui produiront environ 5,7 GWh d’électricité verte par an. Cette production correspond à la consommation annuelle d’environ 2 600 habitants, soit plus que la population de la commune de La Machine elle-même. La mise en service est prévue pour 2026.

Des adaptations techniques pour un sol complexe

La nature même du site, avec sa couverture d’enfouissement de déchets, a nécessité une approche technique spécifique. Pour éviter tout impact sur cette couche et garantir la stabilité de l’installation, Tenergie a opté pour une fondation innovante : l’utilisation de longrines en béton. Ces plots, posés à même le sol, supportent la structure des panneaux sans nécessiter de terrassement profond, préservant ainsi l’intégrité du site.

Vers une hybridation avec du stockage

Le projet étudie également l’intégration d’une innovation de taille : un système de batteries de stockage d’électricité. Cette hybridation permettrait de stocker l’énergie produite en journée pour la restituer sur le réseau aux heures de pointe de consommation. Cette flexibilité est un atout majeur pour l’équilibre du réseau électrique et garantit une fourniture d’électricité verte même lorsque le soleil ne brille pas.

Les bénéfices multiples d’une friche reconvertie

Ce projet va bien au-delà de la simple production d’électricité. Il incarne une triple valeur ajoutée :

  • Environnementale : Il recycle une friche polluée, évite l’artificialisation de terres agricoles ou naturelles, et produit une énergie décarbonée.
  • Économique : Il génère des revenus locatifs pour les collectivités propriétaires du terrain et participe à l’indépendance énergétique du territoire.
  • Sociale : Il valorise le patrimoine industriel local en lui donnant une nouvelle vocation tournée vers l’avenir, et sensibilise les citoyens aux énergies renouvelables.

La centrale photovoltaïque de La Machine devient ainsi un modèle de reconversion réussie, démontrant que la transition énergétique peut s’appuyer sur le recyclage du foncier existant pour un aménagement plus sobre et durable des territoires.

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