Le secteur photovoltaïque français a franchi une étape historique en 2025. Selon les données consolidées des gestionnaires de réseaux, près de 5,9 gigawatts (GW) de nouvelles capacités solaires ont été raccordées, établissant un nouveau record national. Ce chiffre, en hausse significative par rapport à l’année précédente, confirme l’accélération de la transition énergétique, bien que l’horizon 2026 soit assombri par des incertitudes réglementaires persistantes.
Le détail des chiffres, publié par Enedis pour le réseau de distribution et par RTE pour le réseau de transport, révèle la dynamique du marché. Enedis rapporte 5,77 GW de nouveaux raccordements sur son périmètre, tandis que RTE en a comptabilisé 94 MW pour les grandes centrales (puissance supérieure à 12 MWc). La croissance est remarquable, avec une augmentation d’environ 25% par rapport aux 4,7 GW raccordés en 2024.
La tendance majeure réside dans l’explosion du segment des installations de 100 à 500 kWc, qui représente à lui seul 65% des nouvelles capacités. Cette catégorie, en progression de 38% sur un an, est principalement animée par les projets des entreprises, des agriculteurs et des collectivités territoriales, qui voient dans l’autoconsommation et la vente de surplus un levier de compétitivité et de résilience énergétique.
À l’inverse, le segment résidentiel (installations de moins de 36 kWc) montre des signes de contraction. Avec 929 MW raccordés en 2025 contre 1 080 MW en 2024, il enregistre un recul. Deux facteurs principaux expliquent cette baisse :
Malgré ce bilan annuel exceptionnel, la filière solaire française exprime de vives inquiétudes pour l’avenir. La dynamique record de 2025 pourrait être compromise en 2026 par un environnement réglementaire instable.
La fin du guichet ouvert en septembre 2025 et son remplacement par un appel d’offres simplifié, dont la première période a connu un succès mitigé, introduisent de nouvelles règles. Surtout, le report répété de la publication de la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) crée un profond flou stratégique. Ce document cadre, défini par le gouvernement, est essentiel pour fixer les objectifs de développement et le calendrier des appels d’offres pour les années à venir. Son absence prolongée freine les investissements et la planification des projets, notamment pour les grands parcs solaires.
Les professionnels appellent donc à une clarification urgente de la feuille de route de l’État et à la mise en place de signaux réglementaires et tarifaires stables pour transformer l’élan de 2025 en une croissance durable. La réussite de la transition énergétique française en dépend, comme le rappellent régulièrement les scénarios de l’ADEME et de RTE.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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