À quelques semaines de la publication tant attendue de la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), le secteur des énergies renouvelables électriques exprime son inquiétude. L’organisation professionnelle France Renouvelables a lancé un appel pressant au gouvernement, réclamant un acte de clarification immédiat pour mettre fin à plus de deux ans d’incertitudes qui pèsent sur l’avenir de la filière.
Alors que les derniers arbitrages gouvernementaux sont en cours, la crainte principale porte sur une possible révision à la baisse des objectifs de développement pour l’éolien et le solaire. France Renouvelables alerte sur les conséquences d’une trajectoire inférieure au scénario R3 du gestionnaire du réseau RTE, pourtant jugé compatible avec les engagements climatiques et industriels de la France.
« La filière des énergies renouvelables électriques a besoin de lisibilité, de volumes et de confiance. Dans un contexte d’abondance électrique et de fortes attentes en matière de souveraineté énergétique, la PPE doit redonner une trajectoire claire à la filière », a déclaré Anne-Catherine de Tourtier, présidente de France Renouvelables.
L’enjeu est de taille pour l’économie française. Les énergies renouvelables électriques représentent aujourd’hui environ 83 000 emplois directs et plus de 150 sites industriels répartis sur le territoire. Après une période d’investissements soutenus, la filière fait face à un climat d’attentisme, avec des projets retardés et des décisions d’investissement gelées.
Selon les analyses de France Renouvelables, un scénario moins ambitieux (R2 au lieu de R3) ne serait pas économiquement vertueux. Il entraînerait une baisse des investissements privés estimée à 2,7 milliards d’euros par an. Cette dynamique risquerait de provoquer un décrochage industriel face à des voisins européens, comme l’Allemagne ou l’Espagne, qui accélèrent vigoureusement le déploiement des renouvelables.
Au-delà des chiffres, c’est la cohérence et la clarté du signal politique qui sont jugées essentielles. La filière rappelle que la transition énergétique repose sur la complémentarité entre le nucléaire, les énergies renouvelables, le stockage et la flexibilité, et non sur une mise en concurrence des technologies.
« Une filière industrielle ne se met pas en pause : elle disparaît », avertit l’organisation, appelant à des objectifs crédibles pour le solaire, l’éolien terrestre et maritime, ainsi que pour les solutions de flexibilité.
Alors que les représentants du secteur doivent être reçus par l’exécutif, l’espoir est de lever les dernières ambiguïtés. Pour France Renouvelables, l’enjeu dépasse le cadre technique de la PPE : il s’agit de préserver la confiance des investisseurs internationaux, la capacité industrielle française et la crédibilité de la trajectoire climatique du pays, dans un contexte où l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) souligne l’impératif d’accélération mondiale des renouvelables.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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