Après plus de deux ans et demi de reports et de vifs débats, le gouvernement français s’apprête à adopter la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) pour la période 2025-2035. Portée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, cette feuille de route stratégique, qui doit être publiée par décret, vise à trancher l’équilibre délicat entre nucléaire et énergies renouvelables tout en garantissant la souveraineté et la compétitivité énergétiques du pays.
Initialement prévue pour être adoptée par la voie législative début 2024, la PPE 3 fera finalement l’objet d’un décret. Le gouvernement justifie ce choix par l' »urgence » d’avoir un cadre clair pour lancer les investissements nécessaires et anticiper les besoins en emplois. « Les débats ont largement eu lieu », a déclaré Sébastien Lecornu, estimant que le contexte politique, après l’adoption du budget, était désormais propice. Cette méthode, critiquée par l’opposition comme un passage en force, permet au gouvernement d’éviter un nouvel examen parlementaire dans une Assemblée nationale sans majorité absolue, où le risque de blocage était élevé. Pour en savoir plus sur le processus législatif français, vous pouvez consulter le site du portail vie-publique.fr.
La nouvelle programmation est présentée comme un « compromis » entre les partisans d’une relance du nucléaire et ceux du développement accéléré des énergies renouvelables.
Conformément à la loi de février 2022, la PPE devrait acter la construction de nouveaux réacteurs (EPR2) et le prolongement de la durée de vie du parc existant. L’objectif est de reconstituer une filière industrielle forte et de produire une électricité décarbonée et pilotable. L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) joue un rôle clé dans ces décisions de prolongation, comme détaillé sur son site officiel.
Contrairement aux craintes d’un moratoire, les objectifs pour l’éolien et le solaire seront préservés, mais leurs trajectoires de développement pourraient être révisées à la baisse. L’accent sera mis sur l’acceptabilité locale et l’intégration au réseau. Le gouvernement mise également sur le développement de l’hydroélectricité, comme symbolisé par le choix du Jura pour dévoiler la PPE.
Le projet suscite des critiques de tous bords. Le Rassemblement National (RN) juge la place laissée aux renouvelables encore trop importante, tandis que la gauche et les écologistes dénoncent un frein à la transition énergétique et un risque de « casse » pour les filières éolienne et solaire. Les industriels, quant à eux, réclament avant tout de la visibilité pour investir. Comme le souligne le député LR Raphaël Schellenberger, le décret « permet de purger un sujet » juridique, mais son contenu « ne sera pas parfait », laissant des « marges de manœuvre dans l’exécution ».
Au-delà des clivages, la PPE 2025-2035 poursuit trois objectifs principaux inscrits dans la loi :
Pour suivre les engagements climatiques de la France, les rapports du Haut Conseil pour le Climat font référence.
Conscient des imperfections du texte et de l’évolution possible du contexte, le gouvernement a prévu une clause de révision pour 2027. Cette date correspondra à la fin du quinquennat et permettra au prochain exécutif, quel qu’il soit, de réajuster les trajectoires en fonction des avancées technologiques, des coûts et de la situation politique. La PPE 2025-2035 apparaît ainsi moins comme un plan figé que comme une première étape, un cadre nécessaire pour relancer la planification énergétique française après des années d’incertitude.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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