Dans une démarche visant à adapter le développement des énergies renouvelables aux réalités du marché, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) propose une réforme majeure des soutiens publics au photovoltaïque. L’objectif est clair : favoriser massivement le couplage des centrales solaires de grande puissance avec des systèmes de stockage par batterie. Cette évolution répond aux défis posés par l’augmentation de la part du solaire dans le mix électrique français, notamment la multiplication des épisodes de prix négatifs sur le marché.
La CRE tire la sonnette d’alarme dans sa note d’analyse. Le développement du solaire, bien que nécessaire pour la transition énergétique, génère des tensions économiques croissantes. En 2025, la France a connu 513 heures de prix négatifs, contre 352 en 2024. Ces épisodes ont conduit à l’écrêtement (arrêt forcé) de 1,6 TWh de production solaire, soit environ 20% du productible des centrales sous contrat de soutien, selon les données de RTE.
Ce phénomène, couplé à la « cannibalisation » (baisse de la valeur de marché de l’électricité solaire lorsque sa production est abondante), pèse lourdement sur les finances publiques. Le mécanisme actuel de « complément de rémunération » compense presque intégralement ces pertes, faisant peser un risque d’augmentation des charges de service public de l’énergie (CSPE). Avec plus de 10 GWc de projets solaires supplémentaires déjà engagés, une réforme est indispensable pour maîtriser les coûts et valoriser au mieux la production.
Pour la CRE, la clé réside dans la flexibilité. Les projets hybrides, qui associent une centrale photovoltaïque à une unité de stockage, permettent de déplacer la production des heures de marché défavorables (midi, ensoleillement maximal) vers les périodes de plus forte demande et de meilleurs prix (soirée).
Pourtant, cette solution peine à émerger. Sur les 1 470 projets retenus dans le cadre des appels d’offres « PPE2 », seuls 22 étaient hybrides. Le cadre réglementaire et économique actuel n’incite pas suffisamment les développeurs à intégrer le stockage. La CRE propose donc de revoir en profondeur les cahiers des charges des appels d’offres pour les installations de plus de 100 kWc.
Pour rééquilibrer le partage de risque entre l’État et les producteurs et rendre les projets hybrides plus attractifs, la Commission avance trois modifications principales :
Consciente des implications de ces changements, la CRE recommande une mise en œuvre progressive et expérimentale. L’idée est de tester ces nouvelles dispositions dans les prochains appels d’offres, tout en ajustant régulièrement les prix plafonds pour limiter le risque budgétaire. Cette période de test permettra de s’assurer que le dispositif atteint son objectif : stimuler le développement de projets PV + stockage compétitifs et résilients.
Ces propositions s’inscrivent dans les travaux plus larges de la CRE sur l’optimisation du soutien aux énergies renouvelables et ont été partagées avec la Mission Lévy-Tuot. Elles marquent une étape cruciale vers un système électrique où la production renouvelable est non seulement décarbonée, mais aussi intelligemment pilotée pour la stabilité du réseau. Pour en savoir plus sur les enjeux du stockage d’énergie, vous pouvez consulter les analyses de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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