Le gouvernement italien a réformé son dispositif fiscal « Iperammortamento 2026 » pour le secteur photovoltaïque. Cette mesure, intégrée à la loi de finances 2026, restreint désormais les incitations fiscales aux seuls panneaux solaires utilisant les technologies de pointe HJT (hétérojonction) et tandem pérovskite, à condition qu’ils soient fabriqués au sein de l’Union européenne.
Pour bénéficier de l’avantage fiscal, les entreprises investissant dans des systèmes photovoltaïques doivent désormais choisir des modules répondant à des spécifications précises :
Ces critères excluent de facto les technologies dominantes du marché comme le TOPCon (Tunnel Oxide Passivated Contact) et les cellules à contact arrière (BC), pourtant largement répandues dans l’industrie solaire mondiale.
Cette décision gouvernementale confère une position privilégiée à 3Sun, filiale du groupe énergétique italien Enel. L’entreprise est actuellement le seul fabricant européen capable de produire à grande échelle des modules HJT répondant aux exigences du dispositif, grâce à son usine de Catane en Sicile, récemment agrandie.
Nicola Baggio, directeur technique de FuturaSun, fabricant italien de modules TOPCon et BC, a exprimé ses réserves sur les réseaux sociaux, estimant que ces nouvelles règles créent un déséquilibre concurrentiel en faveur de 3Sun.
Laura Sartore, vice-présidente du European Solar Manufacturing Council (ESMC), confirme cette analyse tout en soulignant les incohérences techniques de la réglementation, notamment concernant les méthodes de mesure d’efficacité qui varient entre cellule et module.
La réglementation italienne soulève d’importantes questions techniques, particulièrement concernant la mesure de l’efficacité des cellules photovoltaïques. Le ratio CTM (Cell-to-Module), qui mesure la perte ou le gain de performance entre la cellule et le module fini, n’est pas uniformément pris en compte.
« Une cellule affichant 24% d’efficacité peut perdre 15 à 20% de rendement lors de sa conversion en module », explique Laura Sartore. « Des facteurs comme le type de verre, l’encapsulant ou la qualité des soudures influencent considérablement les performances finales. »
Andrea Rovera, directeur national du Gruppo Green Design, suggère que la réglementation pourrait être améliorée en incluant les modules fabriqués en Europe à partir de cellules européennes. Il souligne également l’importance du registre des modules géré par l’agence italienne ENEA, qui devrait inclure de manière transparente les valeurs d’efficacité de tous les fabricants, y compris 3Sun.
Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de relance de l’industrie solaire européenne, alors que la majorité des fabricants européens utilisaient encore des cellules chinoises en 2023, selon les observations des experts du secteur.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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