Le secteur du financement participatif (crowdfunding) dédié aux énergies renouvelables connaît une phase de forte structuration. L’année 2025 a été marquée par des performances historiques et des mouvements de consolidation, illustrés par le parcours de la plateforme française Enerfip. Avec 180 millions d’euros levés et deux acquisitions stratégiques, l’acteur confirme la maturité croissante de ce mode de financement alternatif pour la transition énergétique.
Enerfip a clôturé l’année 2025 avec un record de collecte, dépassant les 180 millions d’euros. Cette somme, répartie sur environ 150 projets, conforte sa position de leader sur le marché français du crowdfunding énergétique. La plateforme s’appuie sur une communauté solide de près de 50 000 investisseurs actifs, avec un portefeuille moyen de 20 000 euros et un ticket d’investissement moyen supérieur à 2 000 euros.
Les projets financés, principalement dans le solaire, l’éolien ou la méthanisation, offrent aux particuliers des rendements annuels bruts généralement compris entre 6% et 9%, variables selon le profil de risque. Depuis sa création, Enerfip affiche un bilan de confiance significatif : plus de 280 millions d’euros de capitaux remboursés et plus de 60 millions d’euros d’intérêts versés à ses investisseurs.
Pour accélérer son développement, Enerfip a mené une politique active de croissance externe en fin d’année 2025. La plateforme a réalisé deux acquisitions majeures :
En novembre 2025, Enerfip a finalisé l’acquisition de Lumo, une plateforme historique jusqu’alors détenue par le groupe Société Générale. Cette opération stratégique prévoit la migration progressive des projets et des investisseurs de Lumo vers la plateforme Enerfip à partir de 2026, renforçant ainsi son offre et son bassin d’utilisateurs.
Quelques semaines plus tard, Enerfip a étendu son influence au-delà des frontières françaises en rachetant la plateforme néerlandaise DuurzaamInvesteren.nl. Spécialisée également dans les projets durables, cette structure dispose d’une communauté d’environ 15 000 investisseurs et a levé plus de 400 millions d’euros depuis 2013. Cette acquisition marque une première étape vers l’internationalisation d’Enerfip.
Les mouvements d’Enerfip reflètent une tendance de fond : la consolidation du marché du crowdfunding pour la transition écologique en France. Cette dynamique vise à créer des acteurs plus robustes, capables d’offrir une plus grande diversité de projets et une sécurité accrue aux épargnants.
D’autres plateformes majeures suivent une trajectoire similaire. Lendosphere, filiale de 123 Investment Managers et principal concurrent, a par exemple racheté Lendopolis en 2024. Parallèlement, des acteurs comme LITA.co ou Miimosa adoptent une approche plus généraliste, finançant un spectre plus large de projets à impact (agriculture, économie circulaire) avec des modèles de risque différents.
Il est important de contextualiser ces volumes. Bien qu’en croissance exponentielle, le financement participatif reste complémentaire aux financements bancaires et institutionnels, qui représentent la part majoritaire des investissements dans les grands parcs photovoltaïques ou éoliens. Son rôle est cependant crucial : il permet de mobiliser l’épargne citoyenne, d’accélérer le déploiement de projets de taille moyenne, et offre souvent aux développeurs un avantage dans les appels d’offres en démontrant l’ancrage local et l’acceptabilité sociale des projets.
Le cadre réglementé, supervisé par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), et la professionnalisation croissante des plateformes contribuent à renforcer la crédibilité et l’attractivité de ce secteur pour les épargnants souhaitant donner du sens à leurs investissements.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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