À l’approche des élections municipales, une étude inédite commandée par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et réalisée par le cabinet Colombus Consulting jette une lumière nouvelle sur l’impact économique des EnR. Si leur rôle dans la transition énergétique est connu, leur contribution financière directe aux territoires était jusqu’ici mal quantifiée. Les résultats sont sans appel : les énergies vertes constituent un levier fiscal majeur et pérenne pour les communes, en particulier les plus rurales.
Pour la première fois à une telle échelle, l’étude a mesuré l’ensemble des retombées fiscales des différentes filières renouvelables (éolien, solaire, hydroélectricité, méthanisation, bois-énergie) pour tous les échelons territoriaux : commune, intercommunalité (EPCI), département et région. Le montant total s’élève à 2,172 milliards d’euros pour l’année 2024.
Cette manne se décompose en trois catégories principales :
Le « bloc communal » (communes et EPCI) perçoit la part du lion de ces recettes, soit 77 % du total. Cette proportion atteint même 91 % pour la seule fiscalité directe. Dans un contexte de tension sur les finances locales, ces revenus constituent une ressource cruciale pour financer les services publics et les projets d’investissement.
L’étude souligne trois atouts majeurs de ces recettes pour les élus locaux :
L’impact est particulièrement structurant dans les territoires ruraux. Ainsi, 85 % des communes accueillant un parc éolien comptent moins de 2 000 habitants. Pour les communes de moins de 500 habitants disposant d’au moins un parc, les recettes liées aux EnR peuvent représenter près d’un quart de leurs recettes fiscales totales. Contrairement à d’autres impôts, cette fiscalité est indépendante de la démographie et repose sur le foncier, offrant une opportunité unique de développement aux zones à faible densité.
Pour illustrer ces retombées, l’étude donne plusieurs équivalences parlantes :
L’étude confirme que toutes les énergies renouvelables participent à l’effort, avec des rendements variables. La diversité des technologies (éolien, solaire, hydroélectricité, biomasse, géothermie) et leur répartition sur l’ensemble du territoire assurent une diffusion large et équilibrée des retombées. La filière du bois-énergie, par exemple, génère à elle seule 128 millions d’euros de fiscalité via sa chaîne de valeur.
Pour accompagner les collectivités dans leur réflexion, le SER met à disposition un Atlas fiscal interactif des énergies renouvelables. Cet outil en ligne permet de visualiser, filière par filière et pour chaque niveau de collectivité, les retombées fiscales potentielles. Il constitue une ressource précieuse pour bâtir des projets de territoire cohérents.
Jules Nyssen, Président du Syndicat des énergies renouvelables, appelle les élus à s’emparer du sujet : « La transition énergétique se construit dans chaque commune, avec les acteurs locaux. Face à la dépendance persistante aux énergies fossiles, à l’urgence climatique et à la nécessité de renforcer notre souveraineté énergétique, chaque territoire détient une part de la solution. Les énergies renouvelables sont une chance. Elles créent des emplois, dynamisent l’économie locale et renforcent l’autonomie de nos communes. »
Cette étude démontre ainsi que le développement des EnR dépasse largement le seul enjeu climatique. C’est un puissant levier de développement économique local et de justice territoriale, offrant aux collectivités, notamment rurales, des ressources stables pour construire leur avenir. Pour aller plus loin, consultez les données de l’observatoire national de l’énergie.
TAGS : énergies renouvelables, fiscalité locale, développement territorial

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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