À l’approche des élections municipales de 2026, les énergies renouvelables (EnR) s’imposent comme un thème structurant des programmes politiques. Portées par une forte attente citoyenne, elles représentent bien plus qu’une simple solution technique : un levier pour la souveraineté énergétique, le dynamisme économique, la lutte contre la précarité et la préservation de l’environnement local. Auréline Doreau, responsable projet EnR et Territoires au réseau CLER, défend l’idée que ce sujet peut recentrer le débat public sur des dynamiques collectives et positives, loin des postures sécuritaires individualistes.
Les municipalités et intercommunalités disposent de leviers concrets pour orchestrer la transition énergétique sur leur territoire. Une étude d’Énergies Partagées met en lumière les retombées économiques significatives d’une transition portée par les EnR : taxes foncières, loyers, revenus d’investissements. Ces ressources nouvelles permettent aux communes de financer des services publics, de stabiliser la fiscalité locale et d’investir dans l’accompagnement des citoyens.
Des exemples concrets illustrent ce partage de valeur. En Bretagne, le parc éolien citoyen Énergies Renouvelables Kreiz-Breizh (8,5 MW), intégralement détenu par une communauté de communes, génère 35 000 euros de revenus annuels par commune. Ces fonds aident à contenir la pression fiscale et financent des programmes sociaux, comme le programme SLIME (Service Local d’Intervention pour la Maîtrise de l’Énergie) qui accompagne les ménages en précarité énergétique. En Alsace, à Muttersholtz, territoire à énergie positive (TEPOS), les revenus de centrales hydroélectriques municipales sont réinvestis dans la rénovation performante des bâtiments publics.
Le développement des EnR est un puissant créateur d’activité économique locale. Il génère des dizaines de milliers d’emplois non délocalisables, depuis le développement de projets jusqu’à la maintenance. Ces projets s’appuient majoritairement sur des prestataires et une main-d’œuvre locales. Ils peuvent aussi redynamiser des filières traditionnelles. Dans le Lot, la société Mecowood a ainsi innové en concevant des structures en bois local du Causse pour supporter des panneaux solaires agricoles, créant une synergie entre la filière bois et la production d’énergie.
Contrairement à un débat national souvent clivant, l’acceptation des énergies renouvelables est forte au niveau local, particulièrement en milieu rural. Les sondages Ipsos montrent que l’acceptation augmente même à proximité immédiate des parcs éoliens ou solaires. Les projets EnR bien menés, associant les habitants dès la conception, deviennent une source de fierté locale. Ils permettent aux citoyens de se réapproprier les décisions sur leur paysage et leur avenir énergétique, incarnant une démocratie locale active et constructive.
Face au manque de ressources techniques, des structures accompagnent les collectivités. Le réseau CLER, en partenariat avec l’Association des Maires Ruraux de France, propose un parcours de formation en ligne gratuit pour les élus. Il couvre toutes les étapes : de la construction d’une charte territoriale à la maximisation des retombées économiques, en passant par la concertation citoyenne. Les Rencontres des Territoires à Énergie Positive (TEPOS), organisées chaque année, sont aussi des lieux cruciaux de partage d’expériences et d’ingénierie entre élus pionniers.
En décembre 2025, des élus de TEPOS ont lancé une tribune intitulée « Municipales 2026 : osons transformer nos territoires ». Ils appellent tous les candidats à intégrer des actions concrètes sur les EnR et la rénovation énergétique dans leurs programmes. Leur message est clair : c’est une stratégie gagnante pour protéger les habitants des aléas climatiques et des hausses de prix, tout en préservant la vitalité démocratique et économique des territoires.
L’exemple est éloquent : une commune de 800 habitants peut, en combinant rénovation des bâtiments communaux et production d’énergie renouvelable locale, couvrir 80% de ses besoins en électricité et réduire de 50% le montant de ses factures en l’espace de 15 ans. La clé du succès réside dans la mobilisation des acteurs locaux et le partage des retours d’expérience des pionniers. Pour Auréline Doreau, l’enjeu des municipales 2026 est bien là : faire du déploiement des énergies renouvelables un pilier central des projets de territoire, au bénéfice de tous.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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