À l’occasion des 20 ans de Qualit’ENR, l’organisme de référence pour la qualification des professionnels du secteur, son président André Joffre a partagé une analyse approfondie de l’évolution des énergies renouvelables (ENR) en France. Il revient sur les défis à relever, les objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) et la dynamique du marché, notamment solaire. Son constat est clair : la compétitivité croissante des ENR est le moteur principal de leur déploiement.
Interrogé sur les objectifs fixés par la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 3), André Joffre souligne son accent marqué sur le développement de l’électricité renouvelable. « La PPE 3 met surtout l’accent sur l’électricité mais fixe aussi des objectifs extrêmement ambitieux à certains secteurs, comme la chaleur et le froid renouvelables », explique-t-il. Il identifie deux filières particulièrement bien positionnées pour réussir :
La stratégie globale de la PPE est de transférer la consommation d’énergie fossile (pétrole, gaz) vers l’électricité, notamment via des aides pour le déploiement de technologies comme les pompes à chaleur (PAC).
André Joffre nuance cependant cet optimisme en pointant les obstacles pratiques. Remplacer une chaudière traditionnelle par une pompe à chaleur n’est pas un geste anodin pour les ménages. Il rappelle que de nombreux foyers équipés de convecteurs électriques ont déjà opté pour des solutions comme le chauffage au bois, une énergie renouvelable mature. Un autre défi de fond concerne le financement du mix énergétique. « Il faudra forcément augmenter les prix de l’électricité pour financer les nouveaux réacteurs nucléaires », estime-t-il, une évolution qui pourrait paradoxalement renforcer la compétitivité des solutions d’autoconsommation et de production décentralisée.
La conviction forte d’André Joffre est que le développement des énergies renouvelables ne repose plus uniquement sur la volonté politique ou les subventions. « Les ENR vont s’imposer d’elles-mêmes car elles seront les plus compétitives », affirme-t-il. Cette compétitivité est déjà une réalité pour le solaire et l’éolien dans de nombreuses régions du monde, où ils constituent la source de production d’électricité la moins chère, comme le rapportent régulièrement les analyses de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE). En France, la baisse continue des coûts des technologies et l’augmentation prévisible du prix de l’électricité du réseau accélèrent cette tendance.
Fondé il y a deux décennies, Qualit’ENR joue un rôle clé dans cette transition en garantissant la compétence des installateurs via ses qualifications reconnues (RGE notamment). Cet engagement pour la qualité est essentiel pour protéger les consommateurs, assurer la performance et la durabilité des installations, et ainsi consolider la crédibilité de l’ensemble de la filière. La montée en puissance de l’autoconsommation, individuelle et collective, renforce encore l’importance de ce travail de qualification des professionnels.
Pour approfondir les sujets de la transition énergétique et des politiques publiques, vous pouvez consulter les rapports de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE).

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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