L’année 2025 a marqué un tournant historique pour les énergies renouvelables. Selon le rapport « Renewable Capacity Statistics 2026 » de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), le monde a ajouté 692 gigawatts (GW) de nouvelles capacités vertes, portant le parc mondial à 5 149 GW. Cette croissance, de 15,5 % en un an, confirme la résilience et l’attractivité des énergies propres dans un contexte géopolitique tendu. L’énergie solaire photovoltaïque se distingue particulièrement, représentant à elle seule près des trois quarts des nouveaux ajouts.

La résilience des renouvelables face aux crises énergétiques

Les tensions internationales et la volatilité des prix des combustibles fossiles ont placé la sécurité énergétique au cœur des priorités. Dans ce climat d’incertitude, les énergies renouvelables, produites localement et de moins en moins chères, apparaissent comme une solution stratégique pour réduire la dépendance aux marchés internationaux.

Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA, souligne cette dynamique : « Les pays qui ont investi dans la transition énergétique traversent cette crise avec moins de dommages économiques, car ils renforcent leur sécurité énergétique, leur résilience et leur compétitivité. » Un système énergétique plus décentralisé et diversifié, avec une large part de renouvelables, s’avère structurellement plus robuste face aux chocs externes.

Le solaire photovoltaïque, moteur incontesté de la croissance

Parmi toutes les technologies, le solaire brille par son expansion fulgurante. En 2025, 511 GW de nouvelles capacités solaires ont été installées dans le monde, soit environ 75 % de l’ensemble des ajouts renouvelables. Cette domination s’explique par la baisse continue des coûts des panneaux photovoltaïques et la maturité technologique atteinte.

L’énergie éolienne arrive en seconde position avec 159 GW ajoutés. Ensemble, le solaire et l’éolien représentent 96,8 % de la nouvelle puissance renouvelable, illustrant la compétitivité de ces deux piliers de la transition. La bioénergie suit, avec une croissance plus modeste de 2,3 %.

Une croissance géographique très contrastée

Si la tendance mondiale est positive, le rapport de l’IRENA met en lumière des disparités régionales persistantes :

  • L’Asie confirme son leadership écrasant, contribuant à 74,2 % des nouvelles installations (513,3 GW ajoutés). La Chine reste le principal moteur de cette croissance.
  • L’Afrique a enregistré sa plus forte hausse (+15,9 %, soit +11,3 GW), portée par des projets en Éthiopie, en Afrique du Sud et en Égypte.
  • Le Moyen-Orient affiche la croissance relative la plus rapide (+28,9 %), stimulée par d’ambitieux programmes, notamment en Arabie Saoudite dans le cadre de son plan Vision 2030.
  • L’Europe et l’Amérique du Nord maintiennent un rythme de développement stable, tandis que l’Amérique centrale et les Caraïbes affichent la capacité renouvelable totale la plus faible (21 GW), soulignant un besoin crucial d’investissements.

Vers un avenir énergétique plus sûr et décarboné

Le record de 2025 n’est pas qu’un simple chiffre. Il symbolise une transformation profonde du système énergétique mondial. L’énergie solaire, par sa modularité et son déploiement rapide, est devenue l’outil privilégié pour accroître l’indépendance énergétique des nations. Pour les régions encore en retard, accélérer le déploiement des renouvelables n’est plus seulement une question de climat, mais une nécessité économique et stratégique pour assurer leur stabilité.

Cette dynamique doit être soutenue par des politiques volontaristes, des investissements dans les réseaux électriques et le stockage, comme le préconise également l’Agence internationale de l’énergie (AIE), pour intégrer au mieux ces nouvelles capacités et construire un système énergétique véritablement résilient.

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