L’année 2025 marque un tournant pour le secteur électrique européen, selon le dernier rapport de Eurelectric, l’association européenne de l’industrie électrique. Le document révèle une croissance historique de l’énergie solaire, mais souligne aussi la persistance de défis majeurs : une volatilité des prix structurelle et une demande d’électricité qui peine à décoller, freinant la dynamique de décarbonation.
Le rapport d’Eurelectric confirme l’avènement du solaire comme pilier de la production électrique européenne. En 2025, la production solaire a franchi le cap des 340 térawattheures (TWh), représentant 12,5 % du mix électrique de l’Union européenne. Cette croissance de plus de 60 TWh par rapport à 2024 équivaut à la consommation annuelle d’un pays comme le Portugal.
Cette expansion spectaculaire a permis de compenser les baisses de production d’autres énergies renouvelables, avec un recul de 13 % pour l’hydroélectricité et de 4 % pour l’éolien, souvent liés à des conditions météorologiques défavorables. Parallèlement, la part du nucléaire est restée stable autour de 24 %, fournissant une production de base indispensable. L’essor du solaire a ainsi contribué à contenir la production à partir de combustibles fossiles.
Le prix moyen de gros de l’électricité pour la livraison le lendemain s’est établi à 88 € par MWh en 2025. Bien que légèrement supérieur à celui de 2024, ce niveau reste bien en deçà des pics historiques de 2022 et 2023. Cette modération relative s’explique par la forte production solaire et la baisse des prix du gaz en cours d’année, après un premier trimestre tendu dû à une faible production hydroélectrique et éolienne.
Cependant, la volatilité des prix reste un défi crucial. Le marché a connu des extrêmes significatifs :
Cette instabilité souligne l’urgence de développer la flexibilité du système électrique pour mieux gérer l’intermittence des renouvelables.
Une tendance structurelle se confirme : les prix de l’électricité se découplent de plus en plus des coûts des combustibles fossiles. En 2019, le prix de l’électricité était supérieur au coût de production d’une centrale à gaz pendant 74 % des heures de marché. En 2025, cette proportion est tombée à seulement 32 %. Cette évolution, portée par la pénétration massive du solaire et de l’éolien, réduit l’exposition des consommateurs aux fluctuations erratiques des marchés du gaz et du charbon, comme l’a documenté l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE).
Malgré les progrès de l’offre, le rapport pointe un problème de fond : la demande d’électricité en Europe reste atone. Stable par rapport à 2024, elle est toujours inférieure d’environ 7 % à son niveau de 2021. Cette stagnation reflète un retour industriel lent et un déploiement encore trop progressif de l’électrification dans les transports, le chauffage et les processus industriels.
Eurelectric alerte sur les conséquences de cette faible demande. Elle ralentit les investissements dans de nouvelles capacités renouvelables et dans la modernisation des réseaux, tout en maintenant une part trop élevée des coûts fixes du système sur les factures des consommateurs.
Pour consolider les gains des renouvelables et garantir la sécurité d’approvisionnement, Eurelectric appelle à une action politique ciblée sur deux leviers :
En conclusion, 2025 restera comme l’année où le solaire a prouvé son potentiel transformateur en Europe. Cependant, pour que cette transition soit un succès complet, il est impératif de s’attaquer aux défis jumeaux de la volatilité des marchés et de la faible demande, en faisant de la flexibilité et de l’électrification les deux piliers de la politique énergétique des années à venir.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
Abonnez-vous maintenant à la Newsletter.
Inscription gratuite !