Crise du solaire résidentiel : état des lieux et perspectives pour les installateurs

Le secteur du photovoltaïque résidentiel en France traverse une période de turbulence extrême. Une enquête menée fin 2025 par Enerplan et Observ’ER révèle la grande fragilité économique des très petites entreprises (TPE) qui composent majoritairement la filière. Alors que le gouvernement annonce l’imminence de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), le constat sur le terrain est sans appel : emploi en recul, perspectives sombres et un besoin urgent de mesures de soutien.

Une enquête qui révèle la fragilité structurelle de la filière

Réalisée du 6 novembre au 3 décembre 2025, l’étude a recueilli les réponses de 351 installateurs photovoltaïques RGE spécialisés dans le résidentiel (installations de moins de 36 kW). Le panel est représentatif d’un secteur atomisé : 63,2% des répondants sont des TPE de 1 à 4 salariés. À l’inverse, les entreprises de plus de 50 salariés ne représentent que 0,9% de l’échantillon. Cette structure rend le secteur particulièrement vulnérable aux chocs de marché.

L’objectif de l’enquête était d’évaluer l’impact de la réduction des aides actée par l’arrêté tarifaire de mars 2025, qui a mis fin aux dispositifs plus avantageux de l’arrêté S21 de 2021. Les résultats confirment les craintes : la note moyenne de santé économique des entreprises n’est que de 2,7 sur 5. Seulement 21,1% des installateurs estiment leur situation satisfaisante.

Un impact dramatique sur l’emploi et les perspectives

Les conséquences de cette crise se mesurent directement en termes d’emplois. Depuis fin 2024, les entreprises interrogées ont perdu en moyenne 6% de leurs effectifs. La saignée est encore plus forte chez les plus petites structures : les TPE de dix salariés ou moins, qui représentent plus de 80% des répondants, ont vu leurs effectifs chuter de 12% en un an. Dans ce paysage, seules les très grandes entreprises (plus de 50 salariés) ont créé des emplois en 2025, mais leur poids dans la filière reste marginal.

Des prévisions pour 2026 qui n’annoncent pas d’amélioration

Les perspectives à court terme ne sont pas de nature à redonner de l’optimisme. Pour l’année 2026 :

  • 22% des entreprises (soit 75 sociétés sur l’échantillon) envisagent des licenciements.
  • 66% anticipent une stabilisation de leurs effectifs, synonyme de gel du développement.
  • Seuls 12% prévoient des recrutements, signe d’une confiance extrêmement faible dans la reprise.

Un appel urgent à l’action des pouvoirs publics

Face à ce tableau préoccupant, Enerplan, le syndicat des professionnels de l’énergie solaire, lance un appel pressant aux décideurs politiques. Alors que la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) doit être finalisée, le syndicat estime qu’il est « impératif – et urgent ! – d’engager les mesures nécessaires pour retrouver une dynamique ».

Parmi les leviers identifiés pour relancer la filière et sécuriser les entreprises :

  • La simplification des autorisations d’urbanisme, souvent citée comme un frein administratif majeur.
  • La mise en place de raccordements au réseau « en un clic » pour réduire les délais.
  • Une rationalisation et une clarification du processus des audits RGE, gage de qualité mais parfois source de complexité.

La survie de centaines de TPE et la réalisation des objectifs français de transition énergétique semblent indissociables d’une action publique rapide et déterminée pour redonner de la visibilité et de la compétitivité à la filière solaire résidentielle.

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