Le paysage du financement des énergies renouvelables en Suisse est en mutation. À partir de 2026, une révision majeure du calcul du coût moyen pondéré du capital (WACC) entrera en vigueur, modifiant en profondeur les conditions de soutien aux projets photovoltaïques. Cette décision, officialisée par le Conseil fédéral en février 2025, redéfinit la rentabilité attendue des investissements et la sélection des futurs projets solaires.

Qu’est-ce que le wacc et pourquoi est-il crucial ?

Le WACC, ou coût moyen pondéré du capital, est un indicateur financier clé. Il représente le taux de rendement minimum que les investisseurs et créanciers attendent pour financer un projet. En Suisse, ce taux est fixé par l’État et intégré dans le calcul des deux principaux instruments de soutien aux énergies renouvelables : les primes de marché et les contributions d’investissement. Il vise à couvrir les coûts du capital nécessaires à la construction, au renouvellement et à l’entretien des infrastructures de production d’énergie verte.

Les nouveaux taux wacc pour le photovoltaïque en 2026

La réforme se traduit par une baisse significative des taux appliqués au secteur solaire, reflétant une vision ajustée du risque et des conditions de financement actuelles.

Wacc pour les installations photovoltaïques générales

Le taux passe de 4,58 % en 2025 à 3,75 % en 2026. Cette baisse concerne la majorité des installations, principalement de petite et moyenne taille.

Wacc pour les grandes installations photovoltaïques

Pour les grandes centrales, considérées comme présentant un risque légèrement plus élevé, le WACC est fixé à 4,28 % pour 2026, contre 5,10 % l’année précédente.

Cette différenciation montre la volonté des autorités de calibrer le soutien public avec plus de précision, en l’ajustant au profil de risque spécifique de chaque type de projet.

Une tendance générale à la baisse pour les énergies renouvelables

Le recalibrage ne se limite pas au solaire. Une baisse similaire du WACC touche la plupart des autres filières renouvelables, comme l’éolien, la biomasse et l’hydraulique. La géothermie fait figure d’exception, avec une hausse de son taux reflétant les défis techniques et risques spécifiques qui lui sont associés. Cette révision systématique illustre une stratégie nationale : aligner les aides publiques sur le risque réel des projets et les coûts de financement du marché, en abandonnant une approche trop uniforme. Selon les estimations, cette adaptation pourrait conduire, pour l’année tarifaire 2027, à une réallocation de plus de 30 millions de francs suisses dans le paysage du financement de la transition énergétique.

Des réactions contrastées dans le secteur

Si cette évolution vise à optimiser l’emploi des fonds publics et à encourager des projets plus efficaces, elle ne fait pas l’unanimité. L’Association des entreprises électriques suisses (AES) a exprimé des réserves. L’association estime qu’une rémunération du capital compétitive et stable est indispensable pour garantir les investissements de long terme nécessaires au développement des réseaux électriques et au déploiement massif des énergies renouvelables. Cette critique souligne le délicat équilibre à trouver entre optimisation budgétaire et maintien d’un cadre incitatif suffisamment attractif pour les investisseurs.

Conclusion : vers un nouveau paradigme de financement

La baisse du WACC en Suisse marque un tournant vers un soutien public plus ciblé et économiquement rationnel. Pour les producteurs et investisseurs dans le solaire, cela signifie que la barre de la rentabilité et de l’efficacité économique des projets est rehaussée. Les aides, bien que recalibrées à la baisse, restent substantielles et orientent le marché vers une plus grande maturité financière. La réussite de cette politique dépendra de sa capacité à maintenir un flux d’investissements privés robuste, essentiel pour atteindre les ambitieux objectifs de la Stratégie énergétique 2050.

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