Appel d’offres photovoltaïque 2023 en ZNI : bilan et perspectives après la quatrième période

Le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique a annoncé les résultats de la quatrième période de l’appel d’offres « 2023 PV ZNI ». Seuls cinq nouveaux projets photovoltaïques, représentant une puissance cumulée de 40,07 mégawatts-crête (MWc), ont été retenus. Ce faible volume de lauréats confirme les difficultés de cet appel d’offres spécifique aux Zones Non Interconnectées (ZNI) au réseau métropolitain, lancé pour accélérer la transition énergétique dans ces territoires.

Un appel d’offres crucial pour l’autonomie énergétique des îles

L’appel d’offres « PV ZNI » est un dispositif clé de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Il vise à développer la production d’électricité solaire dans les départements et collectivités d’outre-mer non interconnectés, comme la Corse, la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion et Mayotte. L’objectif est de réduire leur dépendance aux énergies fossiles, de sécuriser leur approvisionnement et de stabiliser les coûts de l’électricité, souvent plus élevés dans ces zones. Pour en savoir plus sur la stratégie énergétique de la France, vous pouvez consulter le site du ministère de la Transition écologique.

Analyse des résultats : une souscription en deçà des attentes

La Commission de régulation de l’énergie (CRE), en charge du suivi de la procédure, souligne que le niveau de souscription reste « très faible » depuis le lancement de cet appel d’offres. Le volume attribué lors de cette quatrième période est significativement inférieur aux objectifs fixés initialement. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance :

Les défis techniques et logistiques

L’installation de centrales photovoltaïques en ZNI présente des coûts de construction et d’exploitation plus élevés, liés à l’éloignement géographique, aux contraintes d’acheminement du matériel et à la nécessité d’intégrer des solutions de stockage pour gérer l’intermittence de la production.

Les verres administratifs et fonciers

La complexité des procédures d’autorisation et la rareté des terrains disponibles, compatibles avec l’installation de grandes centrales au sol, freinent le dépôt de candidatures par les développeurs de projets.

La tension sur les coûts et les délais

Le contexte inflationniste affecte l’ensemble de la filière solaire, augmentant les coûts des composants et de la main-d’œuvre, ce qui peut rendre certains projets économiquement non viables sous le cadre tarifaire de l’appel d’offres.

Quelles perspectives pour la suite de la procédure ?

Face à ce bilan mitigé, la CRE et le gouvernement pourraient être amenés à réévaluer les modalités de l’appel d’offres. Les pistes d’évolution fréquemment évoquées par les professionnels du secteur incluent une revalorisation des tarifs d’achat, une simplification des démarches administratives et un soutien accru aux projets agrivoltaïques ou sur friches, pour limiter la concurrence sur l’usage des sols. Le développement du solaire est un pilier de la stratégie française pour atteindre la neutralité carbone, comme le détaille le texte de loi relatif à l’énergie et au climat.

La réussite de la transition énergétique dans les ZNI passe par une adaptation des outils de soutien public aux réalités de ces territoires. Les résultats des prochaines périodes de l’appel d’offres « PV ZNI » seront donc scrutés avec attention pour mesurer l’efficacité des potentielles mesures correctives.

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