Renouvelables : les trois syndicats de la filière écrivent en urgence au Premier ministre

Les représentants des filières solaire et éolienne ont adressé une lettre au Premier ministre pour alerter sur la dégradation de leurs entreprises : projets ralentis, investissements annulés et plusieurs centaines d’emplois déjà supprimés. Anne-Catherine de Tourtier, présidente de France Renouvelables, Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), et Daniel Bour, président d’Enerplan, ont pris la plume après la journée de manifestation des salariés du secteur à Paris et à Montpellier.

En bref

  • France Renouvelables, le SER et Enerplan écrivent au Premier ministre après les manifestations des salariés du solaire et de l’éolien à Paris et à Montpellier.
  • Selon eux, plusieurs centaines d’emplois ont déjà été supprimés et d’autres sont menacés dans les mois à venir.
  • Des projets sont ralentis ou reportés partout en France, et des décisions d’investissement sont annulées.
  • Les trois organisations réclament la garantie des volumes prévus par la PPE et un calendrier annoncé et respecté.
  • Elles estiment que les signaux du marché de l’électricité ne remettent pas en cause la trajectoire des renouvelables.

Des filières qui craignent d’être une variable d’ajustement

Depuis des mois, ces organisations alertent les pouvoirs publics sur les difficultés qui s’accumulent. « Nous avons participé aux concertations, formulé des propositions et recherché le dialogue. Les décisions qui seront prises dans les prochaines semaines détermineront la capacité de nos filières à investir et à préserver les emplois », écrivent-elles. Elles ajoutent que les entreprises, les salariés et les territoires « redoutent d’être la variable d’ajustement d’enjeux politiques et doutent de la continuité de la politique publique de promotion des énergies renouvelables ».

La PPE3 a donné un cap, encore faut-il l’appliquer

La publication de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), que Sébastien Lecornu avait décidé de débloquer, avait permis de fixer une trajectoire et de redonner de la visibilité aux filières. Pour les responsables syndicaux, il est désormais crucial d’aller au bout de cette trajectoire, avec une mise en œuvre réelle des objectifs annoncés.

Projets reportés, emplois supprimés

Partout en France, des projets sont ralentis ou reportés et des décisions d’investissement sont annulées. Plusieurs centaines d’emplois ont déjà été supprimés et d’autres sont menacés dans les mois qui viennent. « Les compétences et les talents commencent à quitter la filière. Demain, c’est notre tissu entrepreneurial qui pourrait durablement s’affaiblir », préviennent les signataires.

La situation touche tout un écosystème : les entreprises des renouvelables, mais aussi les entreprises de travaux, les bureaux d’études et les sociétés de maintenance et de transport. Selon la lettre, le manque de visibilité et de stabilité « entraîne des plans de licenciements en nombre, gèle les recrutements, retarde les projets et menace le développement de l’industrie ».

Ce que demandent les trois organisations

Les entreprises, rappellent-elles, ne demandent qu’à continuer d’investir pour renforcer l’indépendance énergétique, soutenir l’électrification du pays et créer de l’activité dans les territoires, à condition de disposer de trajectoires claires et de dispositifs stables. Les signaux observés sur le marché de l’électricité soulignent selon elles la nécessité de poursuivre l’intégration des renouvelables, en accélérant l’électrification des usages, le stockage et les flexibilités.

Renouvelables : les trois syndicats de la filière écrivent en urgence au Premier ministre

Elles réclament un signal fort et clair :

  • la garantie des volumes appelés, permettant à chaque filière de se développer dans le respect des volumes de la PPE ;
  • l’annonce et le respect de calendriers permettant aux entreprises de se projeter dans la durée.

« Sans un tel signal, les restructurations, les abandons de projets et la disparition de compétences précieuses pour les territoires se multiplieront », concluent-elles. Les positions des signataires sont présentées sur les sites du Syndicat des énergies renouvelables et d’Enerplan.

Questions fréquentes

Qui a écrit au Premier ministre sur les énergies renouvelables ?

Anne-Catherine de Tourtier, présidente de France Renouvelables, Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables, et Daniel Bour, président d’Enerplan, après la journée de manifestation des salariés du solaire et de l’éolien à Paris et à Montpellier.

Que demandent les syndicats des renouvelables au gouvernement ?

La garantie des volumes appelés, conformes à ceux de la programmation pluriannuelle de l’énergie, ainsi que l’annonce et le respect de calendriers, pour que les entreprises puissent investir et préserver leurs emplois.

Combien d’emplois ont été supprimés dans le solaire et l’éolien ?

Selon la lettre des trois organisations, plusieurs centaines d’emplois ont déjà été supprimés et d’autres sont menacés dans les mois à venir, sur fond de projets ralentis et d’investissements annulés.

En résumé

France Renouvelables, le SER et Enerplan ont écrit au Premier ministre pour dénoncer le manque de visibilité qui frappe les filières solaire et éolienne : projets reportés, investissements annulés et plusieurs centaines d’emplois déjà supprimés. Après la publication de la PPE3, elles demandent que ses volumes soient réellement appelés et que les calendriers soient annoncés et tenus, faute de quoi les restructurations se multiplieront.

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