JP Energie Environnement a acquis 202 MW de projets éoliens et solaires depuis janvier 2026, via cinq transactions portant sur 14 projets en France. La particularité du montage : l’essentiel du volume solaire a été pris en co-développement à parts égales plutôt qu’en pleine propriété.
La répartition entre les deux technologies révèle deux approches distinctes. Sur le solaire, 175 MW ont été sécurisés via des opérations structurées en co-développement à 50/50 avec des partenaires du secteur. Sur l’éolien, 27 MW de projets prêts à construire ont été acquis en pleine propriété.
La différence n’est pas anodine : détenir 50 % de 175 MW immobilise nettement moins de capital que 100 % du même volume, tout en donnant accès à un flux de projets qu’il aurait fallu développer soi-même. C’est un arbitrage entre contrôle et vitesse d’accès au marché.
« Ces opérations illustrent une même logique : créer un canal complémentaire d’origination de projets permettant la mise sur le marché rapide de nouveaux actifs », explique Madeleine Pebrier, chargée de fusions-acquisitions. Grégory Le Tallec, secrétaire général, précise que la stratégie « repose sur une grande flexibilité dans les schémas d’acquisition, qu’il s’agisse de prises de participation majoritaires ou de partenariats à parts égales ».
La proportion de projets prêts à construire — 74 % du volume solaire et la totalité de l’éolien — est le second enseignement. Racheter un projet autorisé revient à acquérir le travail de développement déjà réalisé : maîtrise foncière, autorisations, raccordement instruit. Dans un marché où l’instruction administrative et la file d’attente de raccordement constituent le principal facteur de délai, c’est un raccourci vers la production.
Les 14 parcs doivent être mis en service d’ici 2029, pour une production estimée à 260 GWh par an. Ce délai, malgré le stade avancé des projets acquis, rappelle le temps incompressible entre l’autorisation et l’injection sur le réseau, dont les conditions relèvent d’Enedis et de RTE selon la puissance. Un parc de 14,4 MW est notamment prévu dans le Grand Est d’ici 2027.
Pour le second semestre, l’entreprise conserve comme priorité l’acquisition de projets prêts à construire en solaire et en éolien, mais élargit son spectre sur deux axes.

Le premier est l’acquisition de parcs éoliens déjà en exploitation — un marché distinct, où l’on achète un actif produisant et générant des revenus plutôt qu’un projet à construire. Le second est le stockage par batteries, segment sur lequel le producteur se dit déjà actif. Cette double orientation traduit une consolidation du marché français des renouvelables : les acteurs y achètent désormais autant qu’ils développent.
202 MW au total depuis janvier 2026, dont 175 MW en solaire détenus à 50 % et 27 MW en éolien détenus à 100 %, répartis sur 14 projets et cinq transactions en France.
Un projet dont le développement est achevé : maîtrise foncière sécurisée, autorisations obtenues et raccordement instruit. Il ne reste plus qu’à financer et lancer les travaux, ce qui supprime la phase la plus longue et la plus risquée d’un projet renouvelable.
Parce que cela permet d’accéder à un volume de projets plus important pour un capital donné, tout en partageant le risque avec un partenaire. En contrepartie, le contrôle sur les actifs est partagé.
260 GWh par an une fois les 14 parcs mis en service, ce qui est prévu d’ici 2029.
En résumé — 202 MW acquis en six mois, dont les trois quarts déjà autorisés : c’est moins une opération de croissance qu’un raccourci dans un marché où le développement prend des années. Le recours au co-développement à parts égales pour la quasi-totalité du solaire montre aussi que l’accès aux projets, plus que leur détention, est devenu la ressource rare.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Saisissez le code reçu par SMS :
Entrez le code de validation envoyé sur votre mobile pour finaliser votre demande.