À Castet-Arrouy, dans le Gers, une serre agrivoltaïque de 3,5 MWc abrite une culture encore inédite en France : le Dékopon, agrume japonais sans pépins. Sur trois hectares, l’installation produira plus de 4 000 MWh par an tout en servant de démonstrateur à une future filière locale agrumes-avocats.

En bref

  • Première serre photovoltaïque agricole du Gers, sur trois hectares à Castet-Arrouy.
  • 3,5 MWc installés, pour plus de 4 000 MWh par an, soit la consommation électrique d’environ 2 000 personnes.
  • Culture retenue : le Dékopon, agrume japonais réputé pour sa facilité d’épluchage et son absence de pépins.
  • Financement par REDEN Territoires, détenue à 49 % par la Banque des Territoires et à 51 % par REDEN.
  • Un collectif d’une trentaine d’agriculteurs du Gers et des Hautes-Pyrénées explore depuis 2024 le potentiel d’une filière agrumes-avocats.

Une serre qui rend possible une culture impossible

L’intérêt du projet tient à l’inversion du raisonnement habituel. Dans la plupart des projets agrivoltaïques, les panneaux s’ajoutent à une culture existante ; ici, c’est la serre qui rend la culture envisageable. Le Dékopon, agrume de référence au Japon, n’est pas cultivé en plein champ dans le Sud-Ouest : la protection apportée par la structure conditionne sa viabilité.

Ce fruit se distingue par une richesse aromatique mêlant douceur et notes d’orange et de mandarine, une absence de pépins, une facilité d’épluchage et une chair qui conserve son jus — autant de caractéristiques qui en font un produit à forte valeur ajoutée, condition nécessaire pour amortir une serre de cette nature.

Les bénéfices agronomiques revendiqués

Dans un contexte de changement climatique, la serre sécurise les conditions de production : protection des cultures, réduction significative de l’évaporation et donc de la consommation en eau des arbres. Le site intègre par ailleurs un bassin de récupération des eaux pluviales destiné à l’irrigation. Ces questions d’adaptation de l’arboriculture et de gestion de la ressource en eau font l’objet de travaux suivis par l’ADEME.

Un projet né d’une rencontre

L’initiative associe Jean-Philippe Manzoni, propriétaire du terrain, et Jean-Michel Aurières et Thierry Dussac, exploitants agricoles et fondateurs de SUD AGRUMES. Déjà pionnier en France de la culture du kiwi rouge sous serre photovoltaïque, Jean-Michel Aurières franchit une étape supplémentaire avec le Dékopon.

« Nous souhaitions avant tout construire un projet tourné vers l’avenir », explique-t-il. « Cette serre nous permet aujourd’hui d’expérimenter une culture encore inédite, de préparer l’émergence de la filière locale avocats-agrumes et d’imaginer de nouveaux débouchés pour l’agriculture du territoire. » Dans un département traditionnellement tourné vers les grandes cultures, l’enjeu est bien celui d’une diversification.

Une filière régionale en préparation

Le projet ne fonctionne pas isolément : depuis 2024, le développeur accompagne un collectif d’une trentaine d’agriculteurs du Gers et des Hautes-Pyrénées afin d’explorer le potentiel d’une filière régionale dédiée aux agrumes et aux avocats. C’est ce qui distingue l’opération d’une expérimentation isolée — une culture nouvelle n’atteint un marché que si les volumes, les circuits de commercialisation et les savoir-faire se constituent à l’échelle d’un bassin.

Gers : une serre agrivoltaïque pour un agrume japonais inédit

« La serre protège les cultures, ouvre la voie à de nouvelles productions et génère une énergie renouvelable directement sur le territoire », souligne Vincent Larribe, directeur développement France chez REDEN. Les 4 000 MWh produits chaque année rejoindront le réseau de distribution exploité par Enedis.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Dékopon ?

C’est un agrume japonais de référence, encore peu connu en Europe, caractérisé par une chair sucrée aux notes d’orange et de mandarine, l’absence de pépins, une facilité d’épluchage et une bonne tenue du jus à la dégustation.

Quelle est la puissance de la serre ?

3,5 MWc, pour une production annuelle de plus de 4 000 MWh — l’équivalent de la consommation électrique d’environ 2 000 personnes — sur une emprise de trois hectares à Castet-Arrouy, dans le Gers.

Quel intérêt agronomique présente une serre photovoltaïque ?

Elle protège les cultures des aléas climatiques et réduit fortement l’évaporation, donc la consommation en eau des arbres. Sur ce site, un bassin de récupération des eaux pluviales complète le dispositif pour l’irrigation.

Qui finance le projet ?

REDEN Territoires, une plateforme d’investissement détenue à 49 % par la Banque des Territoires, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, et à 51 % par REDEN.

En résumé — la serre ne se contente pas d’accompagner une production existante : elle autorise une culture qui ne tiendrait pas sans elle, et l’électricité produite finance ce pari agronomique. Reste l’essentiel à vérifier dans les prochaines années — les rendements réels du Dékopon sous cette latitude, et la capacité du collectif régional à transformer une serre pionnière en véritable filière.

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