Le Cameroun examine deux projets solaires de grande taille totalisant 244 MW : une centrale de 200 MW à Ntui, dans la région du Centre, et une installation de 44 MW couplée à du stockage à Banyo, dans le nord du pays. Les deux dépasseraient, à eux seuls, toutes les installations actuellement en service dans le pays.
Selon un point d’information publié par l’Agence de régulation du secteur de l’électricité, une séance de travail s’est tenue en début de mois pour examiner les plans des deux installations. Pour le projet de 200 MW à Ntui, les parties prenantes ont étudié la faisabilité technique, juridique et financière, le régulateur s’engageant à garantir la conformité du projet avec son cadre réglementaire. Les plans en restent à un stade préliminaire.
L’agence s’est également entretenue avec la fondation porteuse du projet de 44 MW à Banyo, qui a présenté les principales caractéristiques techniques de la centrale envisagée — laquelle doit inclure un système de stockage par batterie. Là encore, le projet en est aux premiers stades de mise en œuvre, le régulateur indiquant avoir fourni les informations et l’orientation nécessaires à la poursuite du développement.
L’association d’une batterie à la centrale de Banyo n’est pas un raffinement optionnel. Sur des réseaux de taille modeste, où l’écart entre production et consommation ne peut pas être lissé par de grandes interconnexions, le stockage conditionne la capacité à absorber une production solaire variable sans dégrader la stabilité du système — un enjeu documenté par l’Irena pour les réseaux africains.
Le marché camerounais du solaire de grande taille en est à ses débuts : les projets de Ntui et de Banyo seraient l’un comme l’autre d’une envergure supérieure à celle de n’importe quelle installation individuelle actuellement opérationnelle dans le pays. Le gouvernement avait fixé un objectif de 250 MW de solaire raccordé au réseau, avec une échéance indicative à la fin de la décennie — un seuil que les deux projets atteindraient presque à eux seuls.
Le dernier jalon important remonte à septembre 2023, avec l’achèvement par le développeur norvégien Scatec des projets de Maroua et de Guider, pour 35,8 MW de solaire et 19 MWh de stockage. L’entreprise a depuis annoncé une extension de 28,6 MW et 19,2 MWh répartie sur ces deux sites.
L’Association de l’industrie solaire en Afrique recense 831 MW de projets solaires au Cameroun, dont seulement 37 MW de grande taille. Une capacité supplémentaire de 650 MW y figure sous forme de projets commerciaux et industriels non identifiés. L’écart entre ce qui est recensé et ce qui fonctionne illustre la difficulté propre à ces marchés : les annonces y sont nombreuses, les bouclages financiers beaucoup moins.

Une centrale de 200 MW à Ntui, dans la région du Centre, développée par WB Synergy SAS et TES Technologies SARL, et une installation de 44 MW à Banyo, dans le nord du pays, prévue avec un système de stockage par batterie.
Aux premiers stades. L’Agence de régulation du secteur de l’électricité a tenu des séances de travail avec les porteurs pour examiner la faisabilité technique, juridique et financière du projet de Ntui, et fournir des orientations sur celui de Banyo. Aucun n’a franchi l’étape du bouclage financier.
L’Association de l’industrie solaire en Afrique recense 831 MW de projets, dont 37 MW seulement de grande taille. Les installations les plus notables en service sont celles de Maroua et Guider, achevées en 2023 pour 35,8 MW et 19 MWh de stockage.
Le gouvernement avait fixé un objectif de 250 MW de solaire raccordé au réseau, assorti d’une échéance indicative à la fin de la décennie.
En résumé — 244 MW à l’étude face à 37 MW de grande taille en service : si ces deux projets aboutissent, ils changeraient d’un coup l’échelle du solaire camerounais. Le conditionnel reste toutefois de rigueur, les deux dossiers n’ayant pour l’instant franchi que l’étape des discussions préliminaires avec le régulateur.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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