Un distributeur de matériel photovoltaïque peut voir ses commandes bondir de 40 % en une seule journée. ALLO SOLAR, basé à Bessan dans l’Hérault, affirme absorber ces pics sans dégrader ses délais depuis l’automatisation de sa préparation de commandes de détail, un an après la mise en service d’une zone robotisée SCALLOG.
Longtemps porté par une croissance régulière, le marché du photovoltaïque évolue désormais au gré des fluctuations économiques, énergétiques et réglementaires. Les phases d’accélération alternent avec des ralentissements, rendant les volumes de commandes imprévisibles — une volatilité que reflètent les statistiques de raccordement publiées par Enedis, et que les récentes modifications des tarifs d’achat ont encore accentuée.
Pour un distributeur, cette instabilité change la nature du problème logistique. Il ne s’agit plus seulement d’être productif en régime de croisière, mais de tenir ses engagements les jours où l’activité double sans prévenir — et de ne pas surdimensionner ses équipes le reste du temps.
ALLO SOLAR commercialise plus de 1 500 références destinées aux particuliers et, depuis peu, aux artisans professionnels, auprès de plus de 200 000 clients. Sa promesse commerciale tient en deux points : disponibilité des produits et livraison en 24 à 48 heures. Pour la tenir, l’entreprise s’est dotée en 2025 d’une plateforme logistique automatisée de 6 000 m², intégrant une zone robotisée de type goods-to-person — où les marchandises viennent à l’opérateur plutôt que l’inverse — dédiée aux préparations de détail.
« Être capables de livrer nos clients en 24 à 48 heures, même lorsque l’activité s’accélère, constitue aujourd’hui un véritable avantage compétitif », explique Clémentine Boulanghien, responsable communication et marketing d’ALLO SOLAR.
Implantée sur 550 m², l’installation comprend 150 étagères mobiles, déplacées par cinq robots vers deux stations de préparation. Plus de la moitié des références à forte rotation y sont stockées : câbles, connecteurs, prises et accessoires électriques. Guidés par un système lumineux, les opérateurs y préparent quotidiennement plusieurs centaines de lignes de commandes.
L’effet sur les conditions de travail est mis en avant : formés en quelques heures, les préparateurs ne parcourent plus les dix kilomètres quotidiens qu’imposait l’ancienne organisation, les manutentions pénibles diminuent et chaque prélèvement est contrôlé.
Selon l’entreprise, le taux d’erreur de préparation, supérieur à 3 % avant l’automatisation, est tombé à 0,3 %. La plateforme traite près de 2 000 commandes par mois, composées en moyenne d’une quinzaine d’articles, avec des expéditions sous 24 à 48 heures. La capacité quotidienne de préparation peut doubler, de 300 à 600 lignes, sans modifier l’organisation logistique existante.

Le cas le plus cité est celui du 3 juin : la solution a absorbé une hausse de plus de 70 % du nombre de lignes préparées par rapport à une journée ordinaire, soit plus de 8 000 pièces expédiées. Ces données sont communiquées par les deux entreprises et n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante.
« Pendant longtemps, les entreprises investissaient dans la robotique logistique pour gagner en productivité, en qualité et en confort de travail. Aujourd’hui, leurs attentes vont au-delà », observe Jean-Luc Imhof, directeur général de SCALLOG. « Dans un environnement imprévisible, elles recherchent des solutions capables d’absorber rapidement les variations d’activité tout en préservant un haut niveau de qualité de service. »
L’argument est cohérent avec la situation de la filière : dans un secteur où la demande dépend de décisions publiques annoncées à quelques semaines d’intervalle, la valeur d’un outil logistique se mesure moins à son débit nominal qu’à sa réserve de capacité. Les enjeux d’approvisionnement et d’équipement de la filière solaire sont par ailleurs documentés dans les travaux de l’ADEME.
C’est une organisation d’entrepôt dans laquelle les marchandises sont amenées à l’opérateur, généralement par des robots déplaçant des étagères mobiles, au lieu que le préparateur se déplace dans les allées. Elle supprime les trajets à pied et réduit les erreurs de prélèvement.
Un taux d’erreur de préparation passé de plus de 3 % à 0,3 %, une capacité quotidienne pouvant doubler de 300 à 600 lignes sans réorganisation, et l’absorption de pics d’activité allant jusqu’à 40 % de commandes supplémentaires en une journée — jusqu’à plus de 70 % lors de l’épisode du 3 juin.
Parce que la demande du marché fluctue fortement au gré des évolutions réglementaires et tarifaires. Un distributeur doit pouvoir honorer des délais courts lors des pics sans surdimensionner ses effectifs le reste du temps, la disponibilité et la rapidité de livraison étant devenues des arguments commerciaux à part entière.
En résumé — au-delà du cas d’usage, l’information tient au contexte qu’il révèle : la distribution photovoltaïque française fonctionne désormais par à-coups, et les acteurs s’équipent en conséquence. Les chiffres avancés viennent des entreprises concernées ; ce qui se vérifie indépendamment, en revanche, c’est la volatilité du marché qui les motive.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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