Depuis le 1er juin 2026, EDF Obligation d’achat ne rachète plus le surplus solaire des particuliers que 1,1 centime d’euro par kWh, contre 4 centimes auparavant. Hello Watt a lancé le 22 septembre une offre de rachat piloté à 4 c€/kWh, sans obligation de changer de fournisseur — en contrepartie d’une suspension temporaire de l’injection lors des épisodes de prix négatifs.
Jusqu’à récemment, le dispositif d’obligation d’achat constituait la solution dominante pour valoriser son surplus : un tarif garanti pendant vingt ans — 4 c€/kWh entre le 28 mars 2025 et le 1er juin 2026 — assorti de la prime à l’autoconsommation. Depuis le 1er juin 2026, le tarif est tombé à 1,1 c€/kWh et la prime a été supprimée.
La question concerne un nombre croissant de foyers : 103 193 installations de puissance inférieure ou égale à 36 kWc en autoconsommation avec injection du surplus ont été raccordées au réseau Enedis entre fin juin 2025 et fin juin 2026, soit environ 25 000 par trimestre. Des alternatives existaient déjà, mais avec des contreparties : frais de dossier dépassant parfois 250 euros, ou obligation de souscrire un contrat d’électricité auprès du même acteur.
La baisse du tarif d’achat intervient dans un contexte budgétaire contraint, mais aussi alors que les épisodes de prix négatifs se multiplient : plus de 500 heures depuis le début de l’année. Lorsque la production dépasse la demande, injecter de l’électricité supplémentaire coûte de l’argent au système au lieu d’en rapporter. L’intérêt des pouvoirs publics est donc de favoriser l’autoconsommation et de limiter l’injection.
C’est sur ce mécanisme que repose l’offre. Responsable d’équilibre et opérateur d’effacement agréé par RTE depuis 2024, Hello Watt pilote déjà les onduleurs de certains utilisateurs de son application lorsque les prix deviennent négatifs. Le rachat piloté applique le même principe : lors de ces épisodes, l’injection du surplus est temporairement suspendue, puis ces écrêtements sont valorisés auprès de RTE et sur les marchés de l’électricité.
Point important pour le particulier : l’opération n’affecte ni son autoconsommation, ni ses gains. L’électricité non injectée est comptabilisée et rémunérée 4 c€/kWh comme si elle avait été envoyée sur le réseau. Autrement dit, le client cède un droit d’injection, pas une part de revenu — c’est la valorisation de cette flexibilité sur les marchés qui finance l’écart avec le tarif réglementé.
Les clients peuvent suivre leurs gains via l’application, comme le font déjà 78 000 foyers équipés de panneaux, ainsi que leur consommation, la répartition de leur production entre part autoconsommée et part injectée, et la charge de leur batterie le cas échéant. Selon une étude menée par l’entreprise fin mars 2025 sur plus de 9 500 utilisateurs, les foyers utilisant l’application autoconsomment en moyenne 50 % de leur production, contre 40 % pour la moyenne nationale.

C’est la part de l’électricité produite par les panneaux qui n’est pas consommée directement par le logement au moment où elle est produite, et qui est donc injectée sur le réseau public.
1,1 centime d’euro par kWh depuis le 1er juin 2026, contre 4 centimes entre le 28 mars 2025 et cette date. La prime à l’autoconsommation a par ailleurs été supprimée.
Non. Le rachat du surplus est dissocié du contrat de fourniture : le foyer conserve son fournisseur habituel et peut donc continuer à bénéficier d’une offre de marché compétitive sur l’électricité qu’il achète.
Lors des épisodes de prix négatifs, le surplus n’est pas envoyé sur le réseau. L’électricité écrêtée est malgré tout comptabilisée et rémunérée au même tarif de 4 c€/kWh, sans effet sur l’autoconsommation du logement ni sur les gains du client.
En résumé — la division par près de quatre du tarif d’achat a ouvert un espace que les acteurs de marché occupent. L’offre ne rétablit pas le niveau de rémunération d’avant juin 2026 par miracle : elle le finance en transformant le surplus des particuliers en flexibilité valorisable sur les marchés. Pour le foyer, la question n’est plus seulement combien vaut son surplus, mais qui sait le vendre au bon moment.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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