La production photovoltaïque française a atteint 15,1 TWh entre juin et août 2026, en hausse de 21 % sur un an, selon les premières analyses estivales de RTE publiées le 21 septembre. Cette progression a compensé en partie un hydraulique au plus bas depuis cinquante ans et jusqu’à 13,4 GW de nucléaire indisponible, lors de l’été le plus chaud jamais enregistré en France.

En bref

  • Solaire : 15,1 TWh sur juin-août, contre 12,5 TWh en 2025 (+21 %). Éolien : 8,9 TWh contre 8 TWh.
  • Consommation brute : 99,1 TWh, soit 4 à 5 % de plus qu’à l’été 2025, sous l’effet de la climatisation.
  • Nucléaire : 83,7 TWh produits, mais environ 10 TWh perdus à cause des contraintes climatiques — un record devant les 6 TWh de 2003.
  • Hydraulique : 10,8 TWh, deuxième plus faible production estivale depuis cinquante ans.
  • Thermique fossile : 4,1 TWh contre 2,6 TWh en 2025, sollicité surtout en soirée.

Un été hors norme comme test grandeur nature

Météo-France classe l’été 2026 comme le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900 : température moyenne supérieure de 3,6 °C aux normales, 53 jours de vague de chaleur répartis en trois épisodes, déficit de pluviométrie proche de 40 % et ensoleillement supérieur de plus de 20 % à la normale. Pour RTE, ces conditions ont constitué un véritable test grandeur nature du système électrique français.

La climatisation fait remonter la consommation

La consommation brute d’électricité s’est élevée à 99,1 TWh entre juin et août, contre 95,2 TWh à l’été 2025, soit une hausse de 4 à 5 %. Elle retrouve ainsi un niveau comparable à celui d’avant les crises sanitaire et énergétique, la moyenne 2014-2019 s’établissant à 98,5 TWh.

RTE observe que l’impact de la climatisation se concentre en fin de journée, lorsque les bâtiments restituent la chaleur accumulée aux heures les plus chaudes. Les pointes restent toutefois contenues : le maximum estival a avoisiné 60 GW, comparable à 2019 et très inférieur aux pointes hivernales, qui ont approché 90 GW en janvier 2026.

Dix térawattheures de nucléaire perdus à cause du climat

Le parc nucléaire a produit 83,7 TWh entre juin et août, un niveau pratiquement identique aux deux étés précédents (83,5 TWh en 2024, 84,4 TWh en 2025). Ce résultat stable masque pourtant d’importantes indisponibilités : jusqu’à 13,4 GW de capacités ont été à l’arrêt au plus fort de l’été, dont 1,8 GW du seul fait de l’afflux de méduses à Gravelines.

RTE estime à environ 10 TWh la production nucléaire qui aurait pu être réalisée sans ces indisponibilités climatiques — un niveau supérieur au précédent record de 6 TWh, établi lors de la canicule de 2003. La stabilité du total signifie donc que, hors effets des vagues de chaleur, la disponibilité du parc était particulièrement élevée pour la saison.

Le solaire prend le relais d’un hydraulique en difficulté

C’est du côté du photovoltaïque que la progression est la plus nette : 15,1 TWh entre juin et août 2026, contre 12,5 TWh un an plus tôt, soit environ 21 % de hausse. L’éolien progresse également, à 8,9 TWh contre 8 TWh. Cette croissance combine l’augmentation des capacités installées et des conditions météorologiques favorables, l’été 2026 ayant été le plus ensoleillé jamais mesuré en France.

Un point technique mérite d’être relevé : si le rendement des panneaux diminue légèrement lorsque leur température augmente, RTE juge cet effet resté marginal au regard du niveau d’ensoleillement. La chaleur extrême n’a donc pas pénalisé la production solaire de manière significative.

La situation est bien plus défavorable pour l’hydraulique : barrages et centrales au fil de l’eau n’ont produit que 10,8 TWh, deuxième plus faible production estivale depuis cinquante ans après les 10,2 TWh de 2022, avec des stocks à un niveau historiquement bas fin août. RTE précise que cette situation ne suscite pas, à elle seule, d’inquiétude pour la sécurité d’approvisionnement de l’hiver prochain. La hausse du solaire et de l’éolien a contribué à compenser les difficultés du nucléaire et de l’hydraulique, permettant au système de traverser ces épisodes sans problème de sécurité d’approvisionnement.

Canicule 2026 : le solaire a produit 15,1 TWh et amorti les à-coups

Le revers : davantage de gaz en soirée

Les centrales thermiques fossiles ont produit 4,1 TWh, contre 2,6 TWh à l’été 2025, presque exclusivement à partir de gaz. Elles ont surtout été sollicitées en soirée, au moment où la production photovoltaïque décline alors que les besoins de climatisation restent élevés — une partie contribuant aussi aux exportations vers les pays voisins.

La configuration illustre l’enjeu du stockage et de la flexibilité : déplacer une part de l’abondante production solaire diurne vers les heures de pointe du soir réduirait mécaniquement le recours au gaz. Plus le solaire pèse dans la production estivale, plus cette capacité de déplacement devient stratégique.

Une volatilité des prix qui ne remet pas en cause l’avantage français

Les épisodes de chaleur et la hausse des prix du gaz ont entraîné une forte volatilité des prix spot : le prix français a atteint 487,4 €/MWh le 13 août à 19 h 45, son plus haut niveau depuis décembre 2022. RTE souligne toutefois que les prix à terme sont plus représentatifs de la compétitivité réelle du système. Sur ce terrain, l’avantage français demeure : les prix de marché restent proches de ceux de l’Espagne et sensiblement inférieurs à ceux de l’Allemagne, avec un écart pouvant atteindre 40 €/MWh. Ces indicateurs sont également suivis par la Commission de régulation de l’énergie.

Questions fréquentes

Combien le solaire a-t-il produit pendant l’été 2026 ?

15,1 TWh entre juin et août 2026, contre 12,5 TWh sur la même période en 2025, soit une hausse d’environ 21 %. L’éolien a produit 8,9 TWh contre 8 TWh un an plus tôt.

La chaleur réduit-elle le rendement des panneaux solaires ?

Oui, le rendement d’un module diminue légèrement lorsque sa température augmente. Mais durant l’été 2026, RTE juge cet effet marginal au regard du niveau exceptionnel d’ensoleillement, qui a plus que compensé la perte de rendement.

Pourquoi le nucléaire a-t-il été indisponible cet été ?

En raison des contraintes climatiques : température des fleuves servant au refroidissement et, à Gravelines, un afflux de méduses ayant mis 1,8 GW à l’arrêt. Jusqu’à 13,4 GW ont été indisponibles au plus fort de l’été, représentant environ 10 TWh de production perdue.

Pourquoi a-t-on davantage utilisé le gaz ?

Parce que les besoins de climatisation restent élevés en soirée, au moment où la production solaire décline. Les centrales à gaz ont produit 4,1 TWh contre 2,6 TWh en 2025. Stocker une partie de la production solaire diurne pour la restituer le soir permettrait de réduire ce recours.

En résumé — l’été 2026 valide la complémentarité du mix français : malgré une chaleur record, une sécheresse sévère et des contraintes inédites sur le nucléaire et l’hydraulique, la production est restée largement bas carbone. Mais il désigne aussi le maillon manquant. Le solaire produit désormais en abondance au moment où il fait le plus chaud ; ce qu’il ne sait pas encore faire, c’est couvrir la pointe de 21 heures — et c’est précisément là que le gaz revient.

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