La Commission de régulation de l’énergie dément avoir atténué, sous l’influence du gouvernement, les conclusions favorables aux renouvelables de son rapport sur les coûts du système électrique. Selon Les Echos, le document aurait été retravaillé durant l’été ; le régulateur affirme n’avoir ni réduit l’intérêt accordé au solaire et à l’éolien, ni modifié son message final.
Le rapport de la Commission de régulation de l’énergie estime qu’il reste possible d’augmenter sensiblement les capacités éoliennes et solaires en France sans dégrader l’économie globale du système électrique. Emmanuelle Wargon avait indiqué qu’une marge de développement subsistait pour les renouvelables, y compris dans un contexte de stagnation de la consommation d’électricité — argument souvent avancé, à l’inverse, pour justifier un ralentissement.
Cette conclusion a suscité de vives réactions, notamment chez certains acteurs du nucléaire. Le rapport comporte toutefois un second volet : il souligne les difficultés économiques qu’une hausse de la production renouvelable peut provoquer pour les producteurs non soutenus, au premier rang desquels EDF, en réduisant les revenus tirés du marché. Les deux messages coexistent dans le document.
Selon plusieurs sources citées par Les Echos, c’est précisément ce second volet qui aurait été davantage mis en avant dans la version finale du rapport, après des échanges intervenus durant l’été avec l’administration et le gouvernement. Le reproche porté n’est donc pas l’inversion d’une conclusion, mais un déplacement d’accent entre deux constats également présents.
Le ministère de l’Énergie confirme avoir échangé avec la CRE sur les conclusions, tout en affirmant n’avoir été ni demandeur ni relecteur du document. Il indique que le régulateur a fait tourner ses modèles durant l’été afin de préciser « non pas les conclusions mais leur ampleur ».
La CRE, de son côté, dément catégoriquement avoir modifié son appréciation du rôle des renouvelables à la suite de ces échanges. Elle explique que le report de la publication à la rentrée visait simplement à finaliser sereinement les travaux, et non à en réviser la teneur. L’indépendance d’une autorité administrative indépendante étant précisément ce qui fonde l’autorité de ses avis, l’enjeu du démenti dépasse ce seul rapport.
Au-delà de la polémique sur la fabrique du document, le débat porte sur une question devenue centrale pour la filière : comment poursuivre le développement du solaire et de l’éolien tout en préservant l’équilibre économique du système électrique et du parc nucléaire existant ?

Le mécanisme en jeu est connu : une production renouvelable abondante à coût marginal quasi nul tire les prix de marché vers le bas aux heures où elle produit, ce qui réduit les revenus des producteurs vendant sur le marché sans contrat de soutien. L’effet est documenté dans les bilans prévisionnels de RTE. Selon que l’on met l’accent sur le gain pour le consommateur ou sur la perte de revenu pour les producteurs existants, le même chiffrage nourrit deux politiques opposées — ce qui explique l’intensité de la controverse sur la rédaction du rapport.
Qu’il reste possible d’augmenter sensiblement les capacités éoliennes et solaires en France sans dégrader l’économie globale du système électrique, y compris dans un contexte de stagnation de la consommation d’électricité.
Selon Les Echos, la version finale du rapport aurait davantage mis en avant les difficultés économiques causées aux producteurs non soutenus, dont EDF, après des échanges estivaux avec l’administration et le gouvernement. Il s’agirait d’un changement d’accent, non d’une inversion des conclusions.
La CRE dément avoir modifié son appréciation du rôle des renouvelables et explique que le report de la publication visait à finaliser ses travaux. Le ministère de l’Énergie confirme avoir échangé avec le régulateur mais affirme n’avoir été ni demandeur ni relecteur, précisant que les modèles ont été affinés pour préciser « non pas les conclusions mais leur ampleur ».
Parce qu’une production solaire ou éolienne abondante, dont le coût marginal est quasi nul, fait baisser les prix de marché aux heures où elle produit. Les producteurs qui vendent leur électricité sur le marché sans contrat de soutien voient donc leurs revenus diminuer, même si le consommateur, lui, en bénéficie.
En résumé — la CRE conteste avoir édulcoré son rapport du 9 septembre, et le ministère affirme ne l’avoir ni commandé ni relu. Mais la controverse révèle surtout l’ambivalence du document lui-même : il conclut à la fois qu’on peut développer davantage le solaire et l’éolien sans dégrader le système, et que cette croissance pèse sur les revenus des producteurs non soutenus. Selon la phrase que l’on retient, on justifie l’accélération ou le freinage.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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