Le site industriel de la coopérative Arterris à Castelnaudary atteint 5,4 MWc de puissance solaire installée avec la mise en service de son second lot. Particularité du projet : le premier lot alimente l’autoconsommation du site, le second injecte sur le réseau public — deux modèles économiques distincts sur un même périmètre industriel.
Mis en service au printemps 2025 après un an de travaux, le premier lot a solarisé la partie ouest du site en combinant trois ombrières de parking, une ombrière de stockage grande hauteur, deux installations en toiture et un mini-parc. Les 2 300 MWh produits annuellement sont injectés dans le réseau interne et couvrent environ 20 % de la consommation du site.
Le surplus — 170 MWh par an — est valorisé via un dispositif d’autoconsommation collective patrimoniale au bénéfice de la Conserverie du Languedoc, filiale de la coopérative implantée à environ un kilomètre. Ce mécanisme, dont le cadre de périmètre est défini par Enedis, permet d’éviter la revente au réseau d’une production excédentaire. La coopérative est propriétaire de ces installations ; leur conception, leur construction et leur exploitation-maintenance sur vingt ans sont assurées par l’opérateur.
Achevé à l’été 2026 après un an de travaux, le second lot couvre la moitié est du site et injecte sur le réseau public. Lauréat d’un appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie en juillet 2024, il repose sur un modèle de co-investissement associant la coopérative, l’Agence régionale de l’énergie et du climat d’Occitanie et le producteur, tous trois copropriétaires.
Techniquement, 16 000 m² de panneaux ont été déployés sur les toitures des bâtiments « semences » et « produits semi-finis », complétés par deux ombrières grande hauteur de 230 mètres de long au-dessus des bennes de céréales. Ces 3,5 MWc fournissent une production équivalente à la consommation électrique de 910 foyers.
Les structures érigées au-dessus des bennes céréalières ne produisent pas seulement de l’électricité : elles protègent les productions stockées des aléas climatiques. C’est la logique d’ensemble du projet — valoriser des surfaces industrielles existantes sans artificialiser de nouveaux espaces, en associant production d’énergie et usage opérationnel du site.

5,4 MWc répartis en deux lots — 1,9 MWc pour le premier, 3,5 MWc pour le second — sur environ 25 000 m² de panneaux au total.
Le premier est destiné à l’autoconsommation du site industriel, avec valorisation du surplus auprès d’une filiale voisine. Le second injecte sa production sur le réseau public, après avoir remporté un appel d’offres de la CRE.
C’est un dispositif permettant à une même entité juridique, ou à des entités liées, de partager l’électricité produite entre plusieurs sites proches — ici, entre le site industriel et une filiale située à environ un kilomètre.
Un double usage : la structure produit de l’électricité et abrite les bennes et leur contenu des intempéries, sans immobiliser de surface supplémentaire sur le site.
En résumé — l’intérêt de Castelnaudary tient moins à sa taille qu’à sa composition : ombrières de parking, toitures, mini-parc au sol et structures au-dessus des bennes cohabitent sur un même site en activité, avec deux régimes de valorisation. C’est un modèle transposable pour les sites industriels et agro-industriels, où l’espace disponible est fragmenté et où les besoins d’autoconsommation ne suffisent pas à absorber tout le potentiel de toiture.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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