Le groupe Sorégies entre au capital de Next Step Energy, développeur français de stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), aux côtés de Tenergie et Envinergy. L’opération doit financer plus de 350 MW de projets en trois ans et la construction des premiers 70 MW — les premières nouvelles STEP françaises depuis plus de quarante ans.
Next Step Energy a été créée en 2022 par Tenergie, développeur et producteur indépendant d’énergies renouvelables, et Envinergy, acteur de l’hydroélectricité depuis cinquante ans. L’arrivée de Sorégies complète l’attelage : développement de projets, ingénierie financière, maîtrise de la petite hydroélectricité, agrégation de production et de flexibilités. Pour l’entreprise grenobloise, l’enjeu est de conserver son agilité tout en s’appuyant sur les moyens d’un énergéticien intégré.
La direction générale est désormais assurée par Gauthier Dieny, directeur général délégué de Tenergie, et la présidence confiée à Anna Wachowiak, directrice générale adjointe de Sorégies en charge de la production et de la valorisation des énergies renouvelables.
Le partenariat doit financer le développement de plus de 350 MW de projets sur trois ans et la construction des premiers 70 MW, contribuant à l’objectif de la programmation pluriannuelle de l’énergie : +1,7 GW de STEP à l’horizon 2035. Deux jalons ont déjà été franchis — la sélection par la Commission de régulation de l’énergie d’un projet de 12 MW à Ajaccio, et l’obtention du premier arrêté préfectoral « STEP » en France continentale.
Ces installations afficheraient une durée de vie supérieure à cent ans, un rendement supérieur à 75 % et des technologies françaises sans terre rare. Un nouveau cadre de soutien, avec des tarifs garantis par l’État, est en discussion pour accompagner cette relance — un sujet directement lié aux besoins de flexibilité du système électrique documentés par RTE.
« Les STEP sont l’une des rares technologies capables d’apporter simultanément stockage durable, stabilité du réseau et souveraineté énergétique sur plusieurs décennies. Next Step Energy est née de la conviction que cette solution devait également exister à l’échelle des territoires », souligne Gauthier Dieny. « L’arrivée de Sorégies constitue une étape majeure pour notre développement. »
Après le rachat de Vattenfall Energies SA par sa filiale Alterna énergie côté fourniture et l’acquisition d’actifs éoliens côté production, le groupe renforce son positionnement d’énergéticien intégré et d’agrégateur. Il valorisera notamment les flexibilités générées par les STEP du portefeuille de Next Step Energy.

Le plan Sorégies 2030 prévoit 1,5 milliard d’euros d’investissements, dont 250 millions pour les solutions de flexibilité, avec l’objectif de doubler les activités du groupe et de couvrir 100 % des approvisionnements électriques de ses clients par des renouvelables, chaque mois de l’année. « Cette alliance illustre notre ambition d’amplifier notre impact sur la transition énergétique des territoires en investissant massivement dans la flexibilité et le stockage hydraulique », indique Frédéric Bouvier, président du directoire.
Une station de transfert d’énergie par pompage stocke l’électricité sous forme d’énergie gravitaire : l’eau est pompée vers un réservoir haut quand l’électricité est abondante, puis turbinée quand le réseau en a besoin. Le rendement annoncé pour ces nouvelles installations dépasse 75 %, pour une durée de vie supérieure à cent ans.
Plus de 350 MW de projets développés en trois ans, dont 70 MW effectivement construits dans un premier temps. La programmation pluriannuelle de l’énergie fixe un objectif de +1,7 GW de STEP d’ici 2035.
Parce que ces projets, de l’ordre de la dizaine de mégawatts, sont dimensionnés à l’échelle des territoires, à la différence des grands aménagements hydroélectriques historiques. Le projet corse retenu par la CRE, par exemple, affiche 12 MW.
Pas encore de façon stabilisée : un nouveau cadre de soutien assorti de tarifs garantis par l’État est en cours de discussion pour accompagner la relance de la filière.
En résumé — l’intérêt de l’opération dépasse le tour de table : elle marque le retour de la construction de STEP en France après plus de quarante ans d’arrêt, sur un format réduit et territorial. Le facteur décisif ne sera pas technique mais réglementaire — le cadre tarifaire encore en discussion déterminera si les 350 MW de projets deviennent des chantiers.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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